mercredi, novembre 21

Reine d'un soir

Il ne vous aura pas échappé que nous sommes à la veille de Thanksgiving et je souhaitais m’arrêter un instant sur le sort des millions de victimes emplumées que l’on a tendance à oublier un peu vite.

Non, je ne veux pas parler des Indiens et je ne me permettrais d’ailleurs pas de les traiter d’emplumés car on est très à cheval sur ces choses là par ici. Non, je veux parler des millions de dindes sacrifiées, farcies et congelées dans le but de commémorer l’offrande généreuse faite par ces Indiens à de pauvres pèlerins britanniques, bien partis pour mourir de faim sur le nouveau continent vu qu’ils ne savaient pas pêcher et qu’ils étaient des billes en agriculture.

Comme je ne suis pas américaine, je n’ai pas toute la famille qui débarque pour Thanksgiving, je ne passe donc pas des jours dans ma cuisine à m’angoisser pour une bête histoire de cranberries écrasées, je n’ai pas non plus besoin de deux heures au téléphone avec une amie pour déterminer quelle marque de farce tient le mieux à la cuisson tout en étant la plus fondante. Non, moi je suis française alors je me laisse inviter et je me contente d’ouvrir des yeux ébahis au supermarché. Je navigue au milieu des pyramides de corn starch (fécule de maïs), de sucre et de farine, de bouillon de légume en brique, de lait concentré sucré et d’appareil pour sweet potatoes pie en boîte (tarte aux patates douces). La levure jouxte les bouteilles de creamy butternut squash soup (soupe à la courge) et je n’arrive pas à dénombrer les différentes marques de gravy (sauce) en tous genres : turkey (dinde), cranberries ou chicken (poulet). Mais, le clou du spectacle se trouve au rayon frais. C’est là, dans d’énormes congélateurs, que votre dinde vous attend. Pour un petit Thanksgiving en tête à tête ? Rabattez-vous plutôt sur un poulet parce que la plus petite des dindes fait une quinzaine de pounds (plus de six kilos).

Moi qui de la dinde ne connais que la cuisse, je remercie la section Food du Washington Post qui s’est collé à une petite remise à niveau. Voici donc le b-a-ba sur l’oiseau qui, ne n’oublions pas, glougloute.
Quand on dit que le plat incontournable de ce jour de fête est la dinde, ce ne sont pas des mots en l’air puisque 45 millions de bestioles vont être becquetées en 24 heures. Bon, c’est malheureux mais il en disparaît 270 millions par an et personne n’en fait tout un plat. Je retiens de ne surtout pas avoir la mauvaise idée d’improviser en m’y prenant à la dernière minute : une dinde de 10 kg met 4 à 5 jours à décongeler au réfrigérateur et sept heures à cuire, et ce n’est pas la peine d’imaginer la faire entrer dans le micro-ondes, c’est mort. Que les pointilleux notent qu’une dinde c’est 157 os et 3500 plumes, mais que ça ne les empêche surtout pas de vérifier par eux-mêmes demain soir (oui j’ai un sens de la fête très développé).

Enfin, tout ça pour dire qu’entre le jeudi de Thanksgiving et le Nouvel an les statisticiens sont formels : les Américains en surpoids ou obèses (les deux tiers de la population) vont encore grossir de 2 kilos en moyenne.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Bravo Marie pour ton commentaire désabusé sur cette triste farce, l'Aïd el Kebir du nouveau monde. Au Thanks giving des Dindes on bouffe des petits enfants, c'est si bon... Et puis les dindes ça ne pense pas alors la souffrance qu'elles infligent aux autres on ne peut leur en tenir rigueur... Mais chez les humains quelle curieuse façon d'arréter son respect de la vie à celle de ses semblables! Du reste et pour être positif, si elles étaient vivantes, qu'elles couraient sur l'herbe, couvaient et se grattaient le derrière, il se trouverait plein de gens pour les prendre en pitié et on pourrait lançer le vrai Thanksgiving - giving thanks to nature and to life. J.Ba.

Oriane a dit…

Pour les thanksgiving en tete a tete on trouve aussi des turkey breast. Beaucoup plus rapide a cuire et on n'y trouve que le meilleur (enfin a mon gout).
Sinon, il suffit de passer une commande whole foods l'avant veille et tu as un repas entier pour 2 ou 4 ou 6,...
Joyeux thanksgiving !

Ines a dit…

Oserai-je dire que je n'aime pas la dinde ? Trop sèche pour moi.
Il faut toujours arroser, mais même.

http://anthropia.blogg.org

Marie a dit…

Merci pour vos commentaires. J.Ba, je dois t'avouer qu'étant invités nous avons mangé de la bestiole (difficile de refuser vu que c'est un peu le clou du spectacle si j'ose dire), et c'était pas mauvais. Le tout est de ne pas passer 3 heures à table en se reservant X fois.
Oriane, pour la commande à Whole Food je note : si j'invite l'année prochaine ça me sera utile je pense (car comme le dis Ines, la dinde c'est quand même assez facile à rater et ça vire au carton...)