samedi, janvier 17

Y'aura des poneys ?

Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance de Shandra.
Shandra est bouleversifiée et l'a fait savoir à tout le playground. Enfin, aux trois malades mentales qui ont mis le nez dehors par un froid pareil, moi comprise.
Mais que ce passe-t-il Shandra ? s'exclame le chœur des ménagères de moins 5°C entre les orteils.
Mais elle va vous le dire ce qui ce passe, sa fille fête ses deux ans dans deux mois.
Supeeer ! Et ?

Shandra est très en retard dans la préparation de l'événement et elle vient d'apprendre quelque chose qui fait vaciller ses convictions les plus solides.
Il semblerait que ce ne soit pas bien vu d'inscrire "pas de cadeaux" sur les invitations à la petite sauterie, ce serait même impoli, elle qui croyait bien faire.
Elle a lu sur son forum que plein de mères de famille trouvent ça empoisonnant sous prétexte qu'elles adorent acheter des cadeaux pour des enfants qu'elles ne connaissent pas et que ce qu'elles adorent encore plus c'est recevoir des cartes de remerciements, qu'elles conservent dans une boite prévue pour, trombonées aux invitations correspondantes, et que cette passion du rangement leur permettra de remettre la fameuse boite à la prunelle de leurs yeux dans, mettons 15 ans, en espérant que la dite prunelle se mette à pleurer d'émotion commémorative.

Shandra voudrait faire plaisir à tout le monde.
D'un côté, celles qui veulent leurs cartes de remerciements, sans oublier le petit sac que chaque invité emportera au moment du départ, garni de stickers, coloriage, brosse à dent à l'effigie de Winnie le poux et autres joyeusetés réalisé par l'hôtesse de la fête.
Face à elles, celles qui pensent que c'est ridicule d'offrir vingt cadeaux à un pauvre gosse de deux printemps qui se mettra à hurler au bout de dix minutes parce que trop c'est trop, sous prétexte que ça ne ce fait pas de ne pas inviter toute sa classe de garderie, avec qui il est ami pour la vie ne l'oublions pas, et que donc, pas de cadals, merci.
Et puis, soyons honnêtes deux secondes, comme tout le monde se réveille à la dernière minute et court chez le Border's le plus proche, ou a son propre stock de cadeaux doublons à écouler, l'infortuné mouflet se retrouve avec quatre exemplaires de "Goodnight Moon" et six de "The Runnaway Bunny", et après c'est à la mère de se creuser la tête pour trouver autre chose en échange – remarquez, c'est l'occase de s'offrir ce bouquin de cuisine provençale qui la faisait rêver mais qu'elle trouvait un peu cher.

La discussion a ensuite dégénérée sur la question "est-il vraiment indispensable de remercier ses invités en leur offrant ce fameux sac cadeau à la sortie ?"
Et la réponse est oui.
Ces mêmes femmes sont d'accord pour reconnaître qu'à moins d'être tombées sur une mère de famille originale et prête à entamer sa fortune personnelle pour offrir quelque chose d'utile, qui ne risque pas d'exploser en douze mille pièces de plastique dans le gosier de leurs chérubins, non toxique, esthétiquement et acoustiquement supportable, le tout multiplié par vingt enfants, ces sacs finissent généralement à la poubelle au bout de quelques heures.
Oui, mais avec la carte de remerciement, personnalisée avec le nom de l'enfant et désignant le présent offert, c'est une tradition – vraisemblablement co-inventée par Mattel et Hallmark je ne vois que ça.
Moi qui ne suis pas physionomiste pour un sou, je ne sais pas comment elles font : vingt cadeaux, vingt prénoms avec noms de famille à retenir plus de dix minutes – oui parce que si vous ne retenez que le prénom, ça vous donne 6 Michael, 3 Jordan et 5 Jenny, vous êtes bien avancé après pour remplir votre carte.
Et puis ne me demandez pas pourquoi il faudrait remercier une nouvelle fois – parce qu'a priori vous avez déjà dit "merci" quand junior a ouvert son paquet - et par écrit des enfants encore illettrés pour être venus se goinfrer de gâteau et de sodas en mettant le souk dans votre salon, je n'ai pas saisi le concept.

Ah, le gâteau, parlons-en du gâteau. Shandra a fait la liste :
- entre celles qui ne laissent pas leurs enfants manger quelque chose qui n'a pas été cuisiné par un professionnel – allez savoir si cette mère n'a pas caressé le chat juste avant d'étaler la pâte en oubliant de se laver les mains, ou pire ?
- celles dont les enfants sont allergiques aux cacahuètes, au lactose, au gluten ou aux œufs,
- celles dont l'enfant est diabétique,
- celles qui de toutes façons ne tolèrent pas de grignotages en dehors des repas parce que l'obésité rôde – OK, ça c'est pour les birthday parties d'expats…
Autant tout de suite s'orienter vers des petits cakes individuels garantis sans allergènes, sans goût, sans sucre, casher et sans calories, artistiquement badigeonnés en vert fluo par le pâtissier du supermarché, c'est moins risqué.

Tout à coup, Shandra a regardé sa montre et a récupéré sa fille en vitesse. Elle attendait un magicien qui venait auditionner pour le fameux jour et il fallait encore qu'elle s'imprime la liste des 35 questions à lui poser, comme "si Jimmy demande à aller aux toilettes, avez-vous un tour moins spectaculaire pour faire patienter les autres pendant son absence, pour qu'il n'ait pas l'impression d'avoir raté le show, ce qui pourrait lui faire de la peine et l'inciter par la suite à se retenir d'aller aux toilettes et donc créer des problèmes sur le long terme ?"

Dans moins de 4 mois c'est l'anniv de fiston, je sens qu'on va s'marrer.


mardi, janvier 13

Satisfait ou remboursé


Je ne suis pas la première à m'extasier sur les services après-vente américains. Ici le "customer service" est à l'avant-scène, il rutile, ce n'est pas le bureau au fond du couloir, celui qui n'a même pas un calendrier périmé punaisé au crépi beigeasse et où on colle Bruno, le stagiaire abruti, mais filleul de la femme du meilleur pote du délégué du personnel.

Ici, oui, le client a le droit de changer d'avis après l'achat d'un tapis en moumoute turquoise de 12m², et s'il trouve que son jus d'orange a un drôle de goût on ne lui répond pas que l'un de ses plombages doit être pourri, comme ne manquerait pas de le faire Bruno.
Mais non, mais non, pas de problème, on présente ses plates excuses, on rembourse, on échange, on distribue des bons d'achats ou, si la réclamation ne nécessite pas autant de petites attentions conjuratoires de procès, des gadgets un peu nases au logo de la marque, on conseille, on ne discute pas et on espère que le client reviendra dépenser plein de sous chez nous très bientôt.

Donc les premiers temps, j'étais impressionnée : y'a pas à dire, ces Américains ont le sens du service. Puis, après avoir eu affaire en six mois à plus de "customers services" américains qu'en quinze ans en France, le constat s'est jeté sous mes roues : l'importance et le soin apporté aux services clients est proportionnel aux recours, et si on y va aussi souvent, c'est que la qualité des produits laisse à désirer ma pauvre Simone.

Reprenons les choses dans l'ordre :
- Chez notre suédois préféré, les rideaux ont des trous, la visserie des meubles à monter est souvent incomplète, et les plantes vertes ont une durée de vie égale au temps qu'il vous faut pour rentrer chez vous, et encore. Bonjour la standardisation mondialisée, tiens. On se croirait dans les années 80 en France, quand il fallait bien trois passages chez le suédois avant de pouvoir monter une malheureuse Billy.

- Chez "Les bébés c'est nous", il y avait l'année dernière un pervers qui sévissait dans le rayon barrières de sécurité en retirant des pièces des emballages ou en endommageant les barreaux. Nous ne saurons jamais ce qui motivait ce désespéré mais comme je ne peux pas garantir la fin de ses activités, surtout faites suivre toute information à ce blog qui transmettra. Acheter 4 barrières identiques nous aura largement permis de roder le moteur de la voiture.

- Chez "La cible", les pantalons achetés pour fiston en 18 mois ont un tour de taille qui conviendrait à son grand frère de 4 ans.

- Chez "La cible" toujours, j'ai acheté une caisse enregistreuse à fiston qui est un maniaque compulsif du bouton qui fait du bruit quand on appuie dessus. Je précise parce qu'il y a deux écoles irréconciliables, voyez. Par exemple, son copain Léonard aime toutes les télécommandes, avec ou sans piles, il s'en moque. Fiston non, il faut qu'il se passe quelque chose sinon où est le plaisir ?
Donc, une jolie caisse rouge et beige, avec un tapis qui roule, une balance qui pèse, des touches qui bipbip et un tiroir caisse qui driling quand on l'ouvre. Mais le truc le plus mieux, c'est un micro qui vous fait une voix saturée de caissière excédée par le responsable du rayon produits d'entretien qui ne répond pas à l'appel.
Pendant deux jours fiston a dû se battre pour accéder au tiroir caisse, parce que j'enchaînais les annonces et que ça rigolait jaune dans la salle repos de ma superette c'est moi qui vous le dis - "Gilbert est attendu en caisse n°2, merci" "Gilbeeert siteplé caisse n°2" "Gilbert tu as exactement deux minutes pour virer tes fesses du canapé, merciii".
Le tapis roulant nous a fait une petite frayeur mais finalement rien de méchant. Non, celui qui nous a quittés, sans prévenir, c'est le micro. Fiston a bavé dessus en lançant un ultime "pouca pouca herqui" (pour les non linguistes, je précise que herqui veut dire merci, et je calme les admiratifs, non, fiston n'est pas le fils illégitime de Nadine de Rothschild, mais plutôt celui d'un perroquet. La signification de Pouca, par contre, reste obscure, avis aux experts), et fini, plus rien. Je suis à deux doigts d'aller pleurer chez "La cible", mais avec la bave de fiston et les traces de dents un peu partout ça va être difficile de plaider le "I don't know what happened, I just opened the box and bam, no micro." Que vais-je devenir ?

- Chez le revendeur Mieleux du coin – quand je dis le coin, c'est pas le coin de la rue hein, il faut compter une bonne heure aller-retour, on est repartis avec un aspi comme chez nous. C'est quand on a voulu s'en servir, deux mois plus tard donc, qu'on s'est aperçu que le manche principal était pété, et qu'une autre pièce aussi.
Pour les deux mois plus tard, je goleri, herqui.

- Le jour où j'en ai eu ras le pompon de courir après fiston pour essayer de l'asseoir sur sa petite chaise à l'heure du repas en collectant les bouchées à moitié mastiquées dans son sillage, une belle chaise évolutive – avec harnais - a fait son entrée dans nos vies. Super affaire sur internet, dépêchez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde, on se dépêche, il en reste une pour nous, ouf. La chaise pour enfant la plus chère à l'est du Pecos arrive, on (heu, Justin) la monte, et on se demande si c'est normal qu'elle soit aussi bancale. A ce niveau là, ce n'est même pas la peine d'y mettre votre bébé de six mois, autant le balancer direct par terre vous gagnerez du temps. Forcément, le temps qu'on fasse l'échange, notre couleur n'était plus dispo.

C'est à se demander s'ils n'ont pas carrément supprimé les services "contrôle qualité" en recasant le personnel dans les services après-vente.


vendredi, janvier 9

Et pif, Annie

Je ne rate jamais la galette des Rois, la frangipane c'est mon faible.
Slurp, une part de galette tiède avec un verre de lait froid pour le goûter, quel régal, j'en salive sur mon parquet.

L'année dernière, quelques mois après notre arrivée ici, l'angoisse est montée juste après Noël. Comment allais-je survivre sans au moins UNE part ? Je sais que ça fait un peu junkie, mais je tiens à signaler pour ma défense que l'année encore d'avant, je n'avais pas pu en profiter à fond – à savoir, sur une période incompressible de 30 jours - pour cause de diabète gestationnel et que donc, légitimement, j'étais en droit de réclamer double ration.
Bon, OK, sur sommation de ma conscience sourcilleuse, je dois ajouter que les examens de contrôle du diabète ont été fait EN PLEINE période de l'épiphanie et qu'il se pourrait qu'un léger abus de frangipane les jours précédant la prise de sang ait finit par déclancher un phénomène d'intolérance au sucre chez un organisme saturé de glucose.

Donc angoisse, disais-je, pas de galette au pays des cupcakes fluo.
Je ne sais pas d'où me vient cette idée, mais j'étais persuadée que pour la faire soi-même il fallait avoir suivi un stage chez Lenôtre (pauvres nous, c'est trop tard maintenant, de toutes façons), et comme ma seule formation en cuisine a été assurée par ma tante du sud-ouest et que tout ce qui ne nécessite pas un bon demi-litre de graisse de canard pour une livre de produit n'est pas admis dans sa cocotte, point de galette au menu, et c'est tant mieux me direz-vous.
Mais ma vision du monde a un peu changé quand Caroline est venue dîner avec une belle galette homemade. Même qu'elle soutenait que c'était fastoche à faire. J'ai dit "Houa, t'es trop forte, jamais je pourrai", et je ne l'ai pas crue.
On sait ce que c'est, les nanas qui triment comme des galériennes du faitout pendant deux jours dans leur cuisine et soutiennent que non, non, les six douzaines de sushis et les cinquante-huit raviolis vapeur c'est vraiment rien à faire, j'te jure.

Donc cette année, ma décision était prise, j'allais tenter le tout pour le tout, j'allais me lancer dans cette grande aventure des cuisinières des temps modernes, de celles qui regardent de haut l'intoxication alimentaire et se jouent d'une pâte feuilletée réputée hyper casse-gueule à faire : j'allais faire ma propre galette, géante, fourrée d'un bon kilo de frangipane, une galette obèse.

Je vous fais donc part de ma recette, testée pour vous.
Pour faire une bonne galette, il faut :
- une motivée qui se dit que tant pis, il gèle dehors mais elle ira quand même chercher cette poudre d'amande au péril de ses orteils.
- un fiston qui décide de coopérer à sa manière et réchauffe préventivement sa mère en se mettant à courir partout pour l'empêcher de lui enfiler la mancagoufle, la panoplie manteau-cagoule-moufle.
- une cuisinière, poussant un enfant hurleur, qui touche les limites du zen et préfèrerait de beaucoup mettre la main sur un paquet de poudre d'amande mais visiblement ça ne se fait pas dans ce pays.
- la même, munie de la poudre qui en fait s'appelle farine il fallait le savoir, qui décide d'abréger ses souffrances et saute sur une pâte feuilletée un peu chère mais avec une belle médaille dorée sur le paquet qui dit qu'elle est bonne.
- une recette trouvée sur le oueb et une fève mal sucée et encore incrustée de vieille frangipane dans un tiroir.
- un fiston qui sieste.
- Un mari pour la manger.
- 32 minutes à 425°F

J'ai eu la fève.

Oui, je l'avais nettoyée.

mardi, janvier 6

Y'a plus de saisons

Question existentialo-philoso-à-deux-balles du jour : est-on encore un vrai Français quand on rate toutes les grandes expériences météorologiques de ses compatriotes ?
Je m'explique.

Ce n'est pas moi qui vais vous apprendre l'importance du temps qu'il fait, ni l'intérêt que l'on porte à savoir celui qu'il fait chez les autres.
Et quand toutes nos connaissances vivent un événement climatique hors du commun et que l'ensemble de la France métropolitaine y a droit, de quoi parle-t-on puisqu'on n'est pas là pour le subir ?

Cette question a commencé à me turlupiner après le Noël 1999.
J'étais seule à Paris, j'avais travaillé, vu des copines, pas regardé la télé et peu mis le nez dehors. C'est donc comme une fleur poussée de la dernière averse que je me suis pointée à la Gare Montparnasse, au petit matin, prête à me tailler dans le sud-ouest. Le hall était désert, les panneaux d'affichage des TGV hors service, les boutiques fermées et deux ou trois pékins avec valise battaient la semelle sans trop comprendre. Des étrangers sûrement.
Une tempête ? Quelle tempête ? J'avais bien noté un peu de vent en fermant les volets mais pas de quoi décorner les bœufs non plus. Et puis après, ben ma foi, quand je dors, je dors.
J'ai dû attendre la réparation de l'antenne sur le toit pour pouvoir admirer l'ampleur des dégâts et réaliser que j'étais complètement passée à côté d'un truc dont on parlerait encore dans vingt ans, et que moi je ne pourrais jamais dire "oh oh la la, je me rappelle, c'était quelque chose" en étant sincère. C'est comme si j'avais été cryogénisée et que j'arrivais tout droit d'une galaxie parallèle.
La tempête du siècle, 80 morts, des forêts dévastées et moi je pionçais, peinarde.
De toute façon, foutue pour foutue, j'avais déjà raté l'éclipse totale du 11 août.

Pour l'hiver 2002-03, j'étais à Washington avec Justin – oui, on a un abonnement – et mes voisins ont bien rigolé quand ils ont vu mon manteau de parisienne dépérir dans la cinquantaine de centimètres de neige amoncelée sur les trottoirs.
C'est qu'il n'a pas qu'un peu neigé cet hiver-là. Les flashs d'alerte à la télé étaient quasi-quotidiens, les journaux hystériques sur le thème On va tous mooouuurir, et la municipalité de Washington a fini par ne plus avoir de crédits disponibles pour le déneigement des routes secondaires et des trottoirs. La ville a même été paralysée, les gens sont restés chez eux, c'est dire l'importance du phénomène.
Je faisais partager cette météo dingo à la famille et aux amis qui ne manquaient jamais de demander "et vous avez quel temps" ? Ils répondaient "ouah" et voilà. L'hiver 2002-2003 a été un hiver normal de mémoire de Français, pas de chutes de neige hors normes à signaler, donc circulez, rien à raconter.

En août 2003, nous nous préparions à passer 10 jours au Guatemala et à rentrer à Paris. De la chaleur caniculaire et des 19 500 morts, nous n'avons entendu que des "Pfff, qu'est-ce qu'il fait chaud, 28°C cette nuit !" Complètement à la masse là aussi, on a réalisé début septembre, en rentrant.
Maintenant, dès qu'il fait très chaud plus de trois jours consécutifs, tout le monde reparle de la canicule, où ils étaient, combien il faisait, qui a failli mourir, et ces pauvres vieux que personne n'a réclamé et mon Dieu mais dans quel monde on vit. Je ne peux que faire celle qui comprend, parce que je n'étais pas là et que je ne sais pas comment c'était.

Et là, de nouveau aux Etats-Unis mais cette fois-ci branchée sur le 20 heures, je note que le climat fait à nouveau des siennes en France. ça caille tellement que les présentateurs météo se sont mis à donner les températures en "ressenti", à l'américaine, et non plus sous abris pour tenir compte du petit vent frais qui congèle les gambettes, il n'arrête pas de neiger, pour un peu on patinerait sur la Seine, les avions ne décollent plus et, encore une fois, je ne suis pas là, je rate tout.

Chez moi aujourd'hui il fait 0,6°C et il pleut. C'est la louze.

vendredi, janvier 2

Pastiche (51)


Quand d'autres risquent l'ablation accidentelle du pouce gauche en jouant au chirurgien avec des huîtres et que la sphère blogueuse est désertée, je pastiche sans modération.
Avant de répondre à la question qu'au moins onze d'entre vous se posent, "mais c'est un pastiche de qui, de quoi ?", je dois féliciter et jeter sur le devant de la scène Flo et Quadra et compagnie qui ont su ouvrir l'œil, et le bon, comme disait mon grand-père qui n'était pas le dernier pour une franche rigolade bissextile.

J'avais donc choisi de pasticher deux blogueuses assidues que j'aime beaucoup lire. Leur style est diamétralement opposé, ce qui m'a facilité les choses avouons-le, et leur univers reconnaissable de loin.
Pastiche (1) fait référence à Madame L., et à ses billets du soir ornés de photos qu'elle publie chaque jour. Poétique et suranné, son blog est un conte sur les petites choses de l'ordinaire.
Pastiche (2) s'est frotté à a n g e l, une mine de textes (depuis 2004 !) pour faire rigouler les gens tous seuls devant leurs ordis et ça marche tellement bien qu'il vaut mieux éviter quand on est au boulot, surtout en open space.

Flo, Quadra et compagnie : ne croyez pas que vous allez vous reposer sur vos lauriers. Sans le savoir, vous avez remporté le droit d'être taguées, mais quelle chance, quel honneur et quelle joie surtout. Pour assurer un semblant de parité, je tague aussi Yibus, parce que je sais qu'il aime écrire et parce qu'il n'est pas à une figure imposée près.
Pour rassurer ceux qui ne sont pas familiers des blogs, quand je tague quelqu'un c'est que je lui fais une proposition, je l'invite à répondre à un questionnaire, à relever un défi littéraire etc, je ne me pointe pas devant chez lui avec mes bombes de peinture fluo.
Je vous invite donc à pasticher à votre tour un ou deux blogs de votre choix, de la photo du jour à la recette de cuisine, en passant par le tour d'Auvergne en patinette et sans les mains, le but étant de nous faire (re)découvrir des blogueurs que vous appréciez.
Attention, il ne s'agit pas d'imiter, mais bien d'écrire votre post personnel à la manière d'un autre blog, avec son style et non le vôtre.
Si vous acceptez, vous pourrez alors, à votre tour, balancer la patate chaude à ceux qui auront deviné, ou à vos pastichés.

En 2009, tu marneras comme un bœuf.

mercredi, décembre 31

Pastiche (2)



PitiFistonmimi m'a tueR

Alors je te préviens, toi la perfect mum de service, toute dégoulinante de perfectitude maternelle, pas la peine de me donner de conseils à propos de ce qui va suivre, sinon je crois qu'il va y avoir du sang sur les murs de ma cuisine virtuelle, tu seras préviendue maintenant c'est toi qui voizes.

Tu auras deviné, lecteur adoré qui n'aime que moi, je traverse une période difficile, mes nerfs vont lâcher, je craqueeeuuuu.
Mon PitiFistonmimi, celui que j'en ai qu'un alors je l'aime beaucoup, pas trop le choix hein, celui-là même a décidé de faire mourir sa reum d'un arrêt cardiaque et je crois pouvoir affirmer, je suis pas médecin non plus mais y'a des signes qui ne trompent pas, que j'ai déjà eu deux ou trois alertes sérieuses d'arrêt subit du myocarde.

PitiFistonmimi met tout à sa bouche.
PitiFistonmimi, qui aura tout bientôt 20 mois, s'assoit sur les théories freudiennes, il s'en tape le coquillard à qui mieux mieux de savoir qu'il est censé être passé en phase anale depuis 6 mois. Et comme je ne peux pas TOUT surveiller en permanence, même si j'essaye faut pas croire, il arrive, environ 26 fois par jour, que je sois obligée d'aller lui chatouiller les amygdales pour récupérer le demi régime de banane qu'il s'est enfourné d'un coup ou le kilo de Rivoire et Carret. Infarctus du myocarde 1 - moi 0.
J'ai remisé par devers moi les pneus des camions et petites voitures, mais ils sont pas bien les Chinois, ils veulent que PitiFistonmimi finisse étouffé par une jante d'ambulance ou quoi ?

PitiFistonmimi (nan, j'ai pas de raccourci clavier, ça te défrise ?) aime le chat.
Il adore lui regarder le fond des mirettes en le collant contre le mur. Et le chat, ben il vire un peu parano, il se demande si il ne devrait pas lui coller une triple mandale carpée dans la tronche pour lui apprendre le concept d'espace vital. "Gloups ils sont où ses yeux maintenant ?" 1 – moi 0.

Pitifistonmimi (nan, toujours pas) vit une passion contrariée avec les escaliers.
Il maîtrise hyper bien la montée. Le problème c'est que :
a) il a oublié un truc en bas alors il s'arrête, se gratte la tête pour essayer de se rappeler c'est quoi ce truc que j'ai oublié en bas déjà ? Et emporté par l'élan de son gratouillis, commence à tanguer et finit par dévaler les marches. Goule en vrac 1 – moi 0.
b) il a atteint le palier et se dit qu'en fait c'était mieux en bas et il redescend très très vite, si vite que j'ai pas le temps de comprendre ce qu'il fabrique, et le temps que je comprenne, il est déjà en bas. Goule en vrac 2 – moi 0.

PitiFistonmimi (lalala … non on t'a dit) est un varappeur dans l'âme.
Comme la chose castratrice qui lui sert de mère ne fait rien qu'à barricader les escaliers, il est obligé de faire preuve d'originalité. Ce fou de la tête escalade donc le canapé et dégringole par-dessus le dossier de l'assise, boîte crânienne en avant c'est plus marrant. Un cerveau, pour quoi faire ? 1 – moi 0.
Bon, puisque les canapés c'est niet, PitiFistonmimi s'attaque aux chaises et là aussi, deux options pour le voltigeur à mains nues :
a) il escalade les chaises de grands et se met debout dessus. Les mains posées sur le haut du dossier (je la fais visuelle pour les mous du bulbe à déficience concepto-spatiale), il commence à la faire tanguer d'avant en arrière, ouh là c'est trop de la balle, ça fait balançoire, et le truc le plus marrant c'est que ça fait accourir sa mère, toute blanche et déjà en train de composer le 911. Explosion de l'aorte 1 – moi 0.
b) il attend d'être chez des amis, sanglé sur un rehausseur. Là, l'enfant qui n'essaye jamais de se faire remarquer, oh que non c'est pas son genre, plie les jambes, place bien ses pieds sur le rebord de la table et pousse d'un coup, de toutes ses forces. La chaise qui se renverse et s'éclate en arrière sur le parquet 1 – moi 0.

PitiFistonmimi (Ctrl Q dans ta face) est fasciné par les portes.
Enfin, surtout par les charnières. Et comme c'est le fils de sa mère, à savoir donc qu'il est beau, rigolo mais surtout incroyablement intelligent, il a fait le lien entre "hop hop hop, je glisse ma main l'air de rien dans la charnière, je fais mine de refermer la porte et je regarde ma reum en douce en disant aïe aïe et je parie qu'elle va se mettre à crier : attention, non, attention, non, non, non" et il a raison, hin, hin, hin. Amputation cardiaque 1 – moi 0.

PitiFistonmimi ( il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé, il n'y a plus d'abonné au numéro… répète après moi) est cleptomane.
Tout est bon dans le cochon, et surtout n'importe quoi, c'est mieux, genre les ciseaux oubliés sur la table basse, le big coutal à barbaque posé trop près du bord du plan de travail, la plaquette de Dolip en attente d'être rangée… n'importe quoi on t'a dit. Et qu'en fait-il ? Il est encore en phase orale… alors il le bouffe c'te bonne gueubla. PitiFistonmimi est un clepto-avaleur-de-sabres. Eventration oesophagienne 1 – moi 0.

Là je ne t'ai fait que les dangers domestiques, ô lecteur de mon cœur qui m'aime d'amuuur, mais crois-moi sur parole, PitiFistonmimi n'est pas inhibé en public, il sait très bien faire dégringoler les pyramides d'oranges au supermarché ou accueillir le facteur en lui tendant les bras et en l'appelant papa, mouarf, que c'est rigolo, heureusement que le postman y cause pas le Molière.

Je suis donc fourbue-mourue à peu près vingteutreize fois par jour, voire par heure, alors soyez sympa avec ma pomme, mettez-y moi tout plein de gentils commentaires réconfortatoires.
Dans le doute, merci quand même bande de petits saligauds pouasseux d'ingratitude.

bonus track bonne année à moi
Remerciement spécial, standing ovation et haie d'honneur au Ketchup Monster qui s'est invité pour le réveillon, ça tombe bien, on allait être treize à table. Ta mère la truie en Toulotte devant l'Alcazar, KM.

bonus track 2 j'ai failli oublier
Bonne année les gens.



mardi, décembre 30

Pastiche (1)


La petite chaise rouge

Il est des matins où Madame V. se réveille un peu plus tôt que d'habitude. Des minutes chapardées au chaos de la journée, quand il est encore temps de savourer la tiédeur de la couette en regardant le vent faire danser les ombres sur le rideau tiré.

Ces minutes là sont bien plus longues. Derrière ses paupières refermées, elle dresse la liste de ce qui les attend aujourd'hui, de ce qu'elle va devoir faire absolument, et de ce qu'elle pourra oublier et remettre à plus tard. Ce qu'elle aime dans ses dimanches c'est n'y retenir que le superflu et le laisser s'étirer comme un pont du mois de mai.

Et ce dimanche là est un peu spécial, il a un superflu très essentiel en réserve pour la famille V. Une chaise rouge de petit garçon est arrivée hier et attend d'être assemblée pour être présentée à un grand bébé qui ne sait pas encore bien où s'asseoir dans cette maison.
Madame V. est impatiente et se dit qu'elle devrait déjà avoir pris sa douche, en profitant du sommeil prolongé de monsieur Timothée, mais elle n'arrive pas à s'extraire de la douceur de ses plumes. Tant pis, après ce sera la course.

Monsieur V. passe la tête par la porte de la chambre et lui dit qu'il va sûrement neiger, les nuages noirs arrivent. Madame V. fronce le nez et hésite. Elle sait qu'il n'aime rien tant que la faire sauter hors du lit en annonçant la neige, quand il ne fait même pas assez froid pour ça. Mais Monsieur V. persiste et ouvre le rideau sur un ciel qui vire au sombre. D'un bond elle est à la fenêtre et confirme, oui c'est certain, ce sera aujourd'hui.
Vite, il n'est plus temps de paresser, Madame V. se précipite dans la salle de bain et laisse Monsieur V. s'occuper d'un enfant qui a senti l'effervescence et appelle pour participer.

Comme une répétition, une semaine exactement avant Noël, les premiers flocons ont commencé à se déposer délicatement sur les roses hivernales, ourlant d'hermine leurs pétales resserrés. Il n'est pas encore dix heures et elle regarde ses hommes qui s'affairent avec leurs tournevis pendant que la suite pour violoncelle n°2 résonne dans le calme concentré des petits travaux domestiques.

Il sera bien temps après d'improviser le déjeuner, d'oublier le pain dans le congélateur, de mettre de la pommade sur une méchante bosse, de réfléchir à une idée de sortie malgré le froid, de penser, planifier, organiser.

Pour l'instant Bach résonne et un petit monsieur très fier vient de s'asseoir sur la chaise rouge en faisant bravo avec les mains et c'est ça qui compte.


dimanche, décembre 28

On a piqué le patron

Depuis que j'ai récupéré la vieille machine à coudre de ma grand-mère, il y a bien de cela cinq ans, je me dis souvent qu'un jour je me mettrai à la couture. Je vois déjà les jupes que je me ferais, les tuniques, les pantalons de fiston, limite c'est moi qui couds mes manteaux.

Mais la couture c'est technique.
Attention, je ne pars pas de nulle part puisque les bonnes sœurs qui se sont chargées de mon élevage durant trois années ont essayé de m'inculquer quelques notions, vite balayées hélas par un esprit titilleux et déjà farceur. Mon sens de la potacherie avait en effet vite trouvé son rythme de croisière, à savoir 1 heure de cours de couture = 2 heures de colle le mercredi après-midi.
Vous imaginez bien que je n'ai pas de grands restes en ce qui concerne le point de chaînette ou les boutonnières.
Mais j'ai de la suite dans les idées alors j'ai fourgué la machine dans le déménagement.
Au bout d'un an, je me suis décidée à acheter un mètre de tissu avec des lapins et des chats marrants pour fiston.
Il n'y avait plus qu'à lui coudre un sac pour ranger ses chaussures quand on part en week-end, c'est-à-dire toutes les Saint-Glinglin mais on n'est jamais trop prudents en matière de semelles crottées.

Et c'est là que Noël est arrivé.

Justin, trop heureux de ce nouvel engouement à trois jours de la distribution des paquets et légèrement dans la mouise puisqu'on avait dit "on ne s'offre rien" et qu'il venait d'apprendre que j'avais changé la règle suite à deux idées qui m'étaient venues et que ce n'est pas si souvent alors j'avais envoyé bouler notre accord.
Justin donc, s'est dit "Oh oh, l'occase est trop bonne, vite, avant qu'elle ne change de lubie, je vais lui offrir un livre qui explique la couture".

Et me voilà donc au pied du sapin, découvrant Sew Me, chef-d'œuvre de la littérature couturière au titre en jeu de mot hilarant de la Baltique (ça se prononce comme "sue me", qui veut dire "faites-moi un procès", si avec ça l'éditeur n'a pas remporté le 1er prix interrégional de la vanne 2008 c'est qu'on aurait du recompter les votes).

Je me voyais déjà, domptant ma Singer et rhabillant la famille, c'était Noël et j'étais jouasse.
Mais j'aurais du me méfier parce que quand on est moi, ce qui est une de mes spécialités encore exclusives, il ne faut pas s'étonner de ne trouver que deux patrons à la place des trois annoncés sur la couverture du livre.
(Pour les vraiment très nuls – genre comme moi - qui risqueraient d'être totalement largués à partir de maintenant : un patron est une sorte de modèle qui permet de découper les différents éléments d'un vêtement à la bonne taille, avant des les assembler à l'aide d'une machine à coudre, avec du fil et une aiguille donc.)

Or non seulement il manquait un patron, mais c'était celui de la jolie jupe trapèze, l'exact modèle que je rêve de me coudre depuis que je me prends pour une petite main de chez Dior. Il aurait manqué celui de l'horrible chemise de cow-boy, m'en serais-je foutu, ah ça oui, mais là c'était trop de poisse, mon Noël buvait la tasse.

"Calme-toi, on va échanger le livre" a dit Justin, zen.
"Mais j'ai déchiré l'enveloppe des patrons, c'est foutu maintenant" ai-je répondu, positive en toutes circonstances.
"T'en fais pas, on va l'échanger" a rétorqué l'homme stoïque et sûr de lui.

Allez, comme c'est Noël, je bichonne mon lecteur, et je lui offre non pas une, mais deux fins possibles à cette histoire au suspens haletant :

1 – Si la scène s'était déroulée à Paris :
"Bonjour, on m'a offert ce livre hier et il manque un des trois patrons… en fait, si on regarde de plus près, on se rend compte qu'un des côtés de l'enveloppe contenant les patrons a été décollée… quelqu'un a volé celui de la jupe et c'est celui-là qui m'intéressait".
"Ah c'est dommage, mais je ne peux pas vous reprendre ce livre, vous avez ouvert l'enveloppe des patrons, il est invendable maintenant"
"Evidemment je l'ai ouverte, sinon comment je saurais qu'il en manque un?"
"D'accord, mais il ne fallait pas déchirer l'enveloppe, c'est comme si vous me rameniez une boîte de pâté entamée, ce ne serait pas possible… et ben là c'est pareil, c'est pas possible".

2 – Si la scène s'était déroulée à Washington :
"Bonjour… reprendre 1ère phrase scène précédente (flemme de retaper, ça va bien j'ai toasté des milliards de petits fours, j'ai battu une pâte à cake infâme, j'ai porté fiston qui s'approche du quintal… j'ai mal aux muscles).
"Je vois le problème. Vous voulez un remboursement simple ou vous souhaitez que je vous recommande le livre pour un échange ?"

Pour mes lecteurs au cerveau embrumé par un excès de festivités et d'alcool, ou pour les éternels indécis qui auraient du mal à se décider entre les deux possibilités, je donnerai deux indices :
a) J'habite à côté de Washington
b) J'avais le sourire en sortant de la librairie.


mardi, décembre 23

Mais Thérèse, si je peux me permettre, une bonne paire de chaussettes et hop !

Ah, Noël… le calendrier de l'Avent avec ses images de gros dodu à barbe bouclée et ses petits cadeaux que si tu as moins de 36 mois tu as toutes les chances de t'étouffer avec. Les vitrines et la fausse neige qui dessine des rennes qui ressemblent à des vaches. Les magasins et leurs faux paquets posés à 80 cm du sol pour que tous les enfants piquent des crises pour repartir avec et non, la dame qui s'est improvisée étalagiste elle dit que ce n'est pas possible parce qu'elle ne va pas repasser le réveillon à faire des faux cadeaux, ça va bien merci. Le sapin qui sent bon et ses boules rouges qu'on a des yeux globuleux et un gros pif si on s'y regarde de trop près. Le bolduc qu'on essaye de friser avec les ciseaux et qu'une fois sur deux ça ne marche pas. La table du réveillon et sa nappe bien repassée. La dinde rôtie et ses marrons fondants dans le jus. La bûche et ses faux champignons en meringue molle et une ou deux scies en plastique.

Tout ça c'est Noël.
Enfin, je le croyais.

Cette année, pas de calendrier, pas de ruban ni de papier cadeau parce que ça pollue et que le papier journal c'est aussi bien, pas de jolie nappe, pas de dinde parce que pour deux ça ferait beaucoup et Thanksgiving n'est pas si loin, pas de marrons, ni de bûche.
Mais des livres et quelques jouets pour fiston sous un beau sapin amarré - pas la peine d'appeler la DDASS, et un peu de foie gras et du confit pour ses parents - pas besoin non plus d'hélitreuiller Alain Ducasse, ce sera Noël quand même.

En fait, pas si sûr.

Peut-on vraiment s'imaginer que c'est Noël quand on n'a pas de Christmas stocking suspendues au-dessus de la cheminée ?
Rigolez pas, après Halloween, il se pourrait bien que ce soit la prochaine tradition à se pointer de par chez vous dans pas si longtemps.
Mais si, vous voyez de quoi je veux parler, ces grandes fausses chaussettes rouges et vertes qui sont mises en place en même temps que le sapin et qui poireautent jusqu'au jour J pour livrer leurs trésors ?
Les origines de cette coutume sont assez imprécises mais il paraîtrait que ça ait démarré en Europe et que ce soit Saint-Nicolas qui, en déposant de l'argent dans des chaussettes qui séchaient chez des gens pauvres, ait lancé la mode, tout le monde espérant ensuite tomber sur des lingots dans leurs bas de laine au petit matin.

En regardant les chaussettes de mes voisins par la fenêtre de ma cuisine - à chacun ses manies –, je me suis demandé comment font les gens pour se procurer autant de petits cadeaux.
Naïve que je suis. Je n'ai pas pris la mesure de cette tradition. C'est comme se demander avec admiration comment font les gens pour savoir où acheter leur sapin.
Dans tous les magasins il y a des stands intitulés "stocking stuffers", de quoi bourrer ses chaussettes à petits prix, ce qui donne tout de suite une idée sur la qualité des machins en question.
Ca va de la brosse à dents édition spéciale Noël, au paquet de bacon séché, en passant par toutes les cochonneries made in China que vous pouvez imaginer, comme le mini-ventilateur de poche qui tentera de vous sectionner quelques phalanges et vous coûtera 12 $ en piles de remplacement.

Je ne suis déjà pas très shopping à gogo alors si en plus d'essayer d'être un peu originale, en faisant plaisir si possible, il faut maintenant s'occuper de bourrer des chaussettes avec des kilos de trucs personnalisés et top tendance - et là il faut bien chercher-, c'est ma mort.

Je vous souhaite malgré tout de Happy Holidays parce que je suis comme ça, la chaussette sur la main (ou la moufle sur le pied c'est vous qui voyez).


lundi, décembre 22