lundi, janvier 4

Croup toujours

Ce que j’aime bien, avec les enfants, c’est les surprises qui vont avec. Et je ne veux pas parler de jolies pochettes en papier rose ou bleu qui seraient livrées avec les monstres.


Non, je veux parler de ces journées où tout part en quenouille, où les dessins qu’on avait prévu de faire – au prix d’un effort maternel au-delà de l’admiration tellement mes mains refusent de dessiner quoi que soit de reconnaissable, je ferais plutôt dans le Rorschach en série, se transforment en négociations épuisantes pour éteindre cette satanée télé que si tu n’appuies pas tout seul sur le bouton avant que j’ai compté jusqu’à 3 je te préviens ça va barder pour ton matricule un deux…

De ces journées où l’on avait prévu d’aller au parc et pas moyen de faire enfiler un manteau, roulage au sol et « Non non non non » en boucle, adios air frais et horizon allant un peu au-delà du canapé.


En fait, vous proposez et les chérubins disposent, avec tact et diplomatie cela va sans dire « Soupe ? Pas bon non », « Dodo pas tout de suite, Dora ouiiiiii ».

Le réveillon n’a pas fait exception à la règle.

C’est sûr qu’avec deux enfants de moins de 3 ans – réveils nocturnes et trop matinaux qui vont avec, on ne s’attendait pas à réveillonner comme des brutes et la boule à facettes n’avait même pas été déballée, pas plus que le DVD « Karaokez les eighties, wizzzz ! ». Mais la table était bougifiée, le foie gras à bonne température et les flûtes de sortie, le grand jeu comme qui dirait, enfin surtout pour les habitués des pizzas surgelées-salade en boîte que nous sommes devenus.


Tout partait du bon pied avec fiston couché et assez vite endormi, malgré une toux encore bien sonore, et mouflette qui cuvait son dernier bib en souriant. Un créneau de 2 heures s’offrait à nous pour faire ripaille.

Le premier réveil en toussant et en pleurant ne s’est pas fait attendre et n’a rien retardé puisque nous n’avions pas encore eu le temps de mordre dans les toasts. On donne à boire – non. On propose un câlin – non. On offre de rester – non. De partir – non. Le fiston ne va pas fort mais se rendort.

Le repas commence, hum que c’est bon, hip oui ressers-moi donc un peu de champagne.

Le deuxième réveil nous cueille sur la fin de l’entrée. Enfin, c’est surtout moi qu’il cueille puisque c’est Maman qui est réclamée, Papa ayant le droit de continuer à déguster les saveurs du Béarn.

Puis vint le fromage – oui, le plat est en option, chez nous c’est le stade suprême de la cuisine contemporaine, plus rien à bouffer, juste l’idée d’un réveillon.

Les troisième et quatrième réveils se sont enchaînés. Bobo. Very gros bobo.


La toubib de la veille avait eu beau arborer un air blasé devant les expectorations de compet lâchées par un fiston tout blanc, 24 heures après nous n’étions plus très rassurés et c’est le cinquième réveil, alors qu’il n’était même pas encore 23h, qui a lancé le mouvement, fiston commençant à inspirer difficilement et ne s’arrêtant plus de pleurer.

Direction le service d’urgence de notre centre médical.


Qui n’a jamais rêvé de se retrouver seul, avec deux gardes de sécurité, trois médecins et une poignée d’infirmières pour fêter les 12 coups, annoncés en grande pompe au micro, par une voix caverneuse résonant dans le vide immense des couloirs mal éclairés ? Non, pas glauque, décalé.

Pendant ce temps on campait dans la salle d’attente pour guetter une éventuelle réaction allergique à la piqûre administrée pour aider fiston à respirer.


Depuis ça ne va pas très fort. Fiston fait des nuits pourries, râle une bonne partie de la journée, est collé à la télé non stop, ne mange que des gâteaux et ne veut même plus de bib de lait ??!!!, c’est la lutte pour lui faire avaler son sirop au paracétamol, seul médoc proposé, vous imaginez l’efficacité du traitement, une toux qui perdure, une école qui rouvrait ses portes aujourd’hui mais sans lui, des températures dans les -5 C et une mère qui passe ses journées à égarer son sens de l’humour.


Mais, ne dit-on pas "Réveillon aux urgences, année pleine de chance" et "Nouvel an à l'hosto, tu gagnes au loto" ?

Non ?





3 commentaires:

ariana lamento a dit…

salut.

Alors là, ma vieille (je me permets cette familiarité, maintenant), ton histoire, bien que narrée avec un brio qu'on admire, ici, en Ala, me fait peine.
Nous avons quant à nous anticipé aussi cette grosse toux qui durait, well, en fait, depuis que nous avons vacciné la puce contre la grippe A.
Rien à faire dit le médecin, vu 24 heures avant la grosses fête commerciale de décembre, ça peut durer 8 semaines, voici un sirop contre la toux qu'on ne trouve qu'à CVS (???).

Et voilà.

Elle tousse toujours, moins, mais ça fait peine, et Titi s'est réveillé ce matin en toussant aussi, alors j'ai commencé le sirop homéopathique Chestal et ça marche.

Ouais, je suis sûre que 3réveillon aux Urgence", c'est l'année de la chance. Accroche-toi, bon courage, et...



bonne année(?)!!!

Allez, je te fais des bises SAINES!

Kine a dit…

Pas d'bol, en effet...
Si ton lulu n'y est pas allergique... tu peux lui donner une petite dose de motryn quand tu vois qu'il est enroué, ou qu'il commence sa toux aboyeuse typique de faux croup. Comme c'est anti-inflamatoire, ça lui garde le passage des cordes vocales un peu plus ouvert (moins enflammé). C'est une technique très efficace testée sur mon fils.
Profite que le motryn est OTC (pas le cas en Suisse...).
Autrement, humidifier +++, et éventuellement bien emmitouffer et mettre à l'air froid.
Courage et bonne guérison à ton lulu!

Ellemme a dit…

Aïe aïe aïe, moi je n'ai pas de remède miracle, mais je comprends tout à fait ce que tu ressent et que tu vis, et je compatis.. ça t'aide beaucoup n'est-ce pas? on est bien avancé? Allez, plein plein de chance pour vous en 2010!