lundi, novembre 12

Scoop : les Bisounours parlent danois

Un grand merci à Jeremy qui a éclairé ma lanterne samedi soir et qui, grâce à sa mémoire bionique, me permet de vous confirmer que les Bisounours habitent bien en Europe. Pour être plus précis, il faut remonter à une affaire qui s’est déroulée à Manhattan en mai 1997, et qui est passée au tribunal en décembre 1999.

En mai 1997, donc, Anette Sorensen et le père de sa fille, Exavier Wardlaw, décident d’aller boire un verre dans un restaurant d’East Village. Ils sont les parents de Liv, quatorze mois, qui est encore un chouïa petite pour rester seule à la maison alors ils l’ont emmenée avec eux. Arrivés au restaurant, c’est le soir et il fait autour de 12°c, un peu frisquet pour boire un coup en terrasse donc Anne et Exavier décident de consommer à l’intérieur de l’établissement… et ils laissent la poussette, bébé calé dans sa couverture, à l’extérieur sur le trottoir. La police, appelée en renfort par des gens s’inquiétant du sort de l’enfant, a procédé à l’interpellation du couple. Anette et Exavier ont passé 48 heures en prison et la petite Liv a été placée 4 jours. Anette a ensuite récupéré sa fille avant de repartir pour Copenhague.

Cela aurait pu en rester là mais Anette s’est sentie tellement outragée qu’elle a décidé de poursuivre la police de New York pour arrestation abusive. Et pour quoi donc ? Mais parce qu’Anette n’a fait que se conformer aux usages de son pays, où il est tout à fait de bon ton de laisser son bébé à l’extérieur, à profiter de l’air pur, plutôt que de le traîner dans des cafés enfumés. Et puis c’est apparemment une façon d’acclimater l’enfant aux hivers un peu rudes de là-bas, autant qu'un moyen de le préserver des microbes qui ne survivent pas dehors tant il y fait froid (mais ils ne sont pas enveloppés de moultes couvertures de vison, eux). Le débat culturel a fait rage autour de cette affaire à la fin des années 90. Coutume ou pas, les Américains estimaient qu’Anette, qui avait vécu à Manhattan, aurait tout de même pu se rendre compte que Copenhague ne joue pas dans la même catégorie niveau criminalité, et qu’un trottoir à Copenhague est sans conteste beaucoup plus à l’abri qu’un bout de béton new yorkais frôlé par des milliers de véhicules à l’heure. En somme, on lui reprochait d’avoir voulu vivre à Rome sans faire comme les Romains.

Anette et Exavier ont donc décidé, une fois n’est pas coutume, de faire comme les Américains et de porter plainte pour arrestation illégale et traumatisante, avec 60 millions de dollars de dédommagement à la clé. Les six jurés ne les ont pas suivis sur ce terrain et l’accusation a été déboutée de sa demande. La charge de mise en danger d’enfant, portée contre Anette Sorensen, ainsi que Exavier Wardlaw, a elle aussi été abandonnée. Cependant, Anette a réussi à obtenir 66 401 $ pour la dédommager des évènements qui se sont déroulés après son arrestation, ainsi que la non notification par les officiers de police de la possibilité d’être assistée par son consulat.

Cette affaire a apparemment fait grand bruit par ici il y a dix ans, ce qui explique sans doute les références à “l’Europe” par les lecteurs du forum, ainsi que l’emballement de la discussion sur le sujet “peut-on laisser un enfant seul”… il me manquait un peu de contexte culturel pour mieux suivre.
Alors moi je retournerais bien sur ce fameux forum pour mettre un message à la mère désemparée qui n’a plus de nounou. Puisqu’elle cherche quelqu’un d’irréprochable, je lui conseillerais de prendre une fille au pair, mais pas de n’importe quelle agence, de celle-là. Voilà de quoi relancer le débat.

Enfin, tout ça pour dire, et vous serez d’accord avec moi, qu’à présent c’est officiel : les Bisounours zabitent au Danemark (en plus c’est pas loin de chez le Père Noël, c’est pratique pour les urgences).

PS – je sais bien que ce n’est pas un authentique Bisounours en photo mais, et d’un je les trouve moche (j’en avais un et je n’ai jamais pu l’encadrer), et de deux vous avez la chance inouïe d’admirer le lapours de fiston (le fruit d'une aventure trop brève entre un lapin et une oursonne, à moins que ce ne soit l’inverse, en tous cas l'histoire ne s'est pas très bien terminée pour l'un des deux).

vendredi, novembre 9

En attendant Hopper

Petit hommage Cap Codien à Hopper, avant d'aller baver devant ses toiles, .
J'ai hâte.
(Race Point, 4 novembre 2007)

jeudi, novembre 8

On ne bouge pas


J’avoue que je prends beaucoup de plaisir ces derniers temps à vagabonder sur des forums américains, spécialisés dans le « parenting ». Il faut bien que j’apprenne le vocabulaire et que je me fasse une idée de comment les parents américains élèvent leurs enfants, ces heures passées devant l’ordi sont comme une étude sociologique de la parentalité à l’américaine si vous me suivez. Et puis, allez j’avoue, c’est souvent assez drôle.

L’autre jour donc, je tombe sur une discussion portant sur une nounou qui avait laissé l’enfant qu’elle gardait sanglé dans sa poussette dans la rue, juste devant la maison ( située dans une banlieue peinarde où les voisins surveillent dès qu'une feuille tombe), pendant qu’elle était à l’intérieur. L’histoire ne dit pas à quoi était occupée cette nounou, ni depuis combien de temps mais la mère rentrant plus tôt de son travail s’était trouvée devant ce spectacle insoutenable et s’était empressée d’en parler sur ce forum, pour demander quoi faire. Devait-elle renvoyer la nounou (son bébé aurait pu se faire enlever, mutiler, ou la poussette aurait pu dévaler la route – plate comme la main mais avec un peu de vent on ne sait jamais), ou bien estimer que le savon qu’elle lui avait passé (sans compter les deux emails furibards et le message hystérique laissé sur le répondeur du domicile de la nounou) était suffisant comme premier avertissement ? Terrible dilemme. Les avis ont fusé et, après s’être fait remettre à sa place plusieurs fois pour la façon non-professionnelle qu’elle avait eue de gérer cette crise – on ne laisse pas de message hystérique, et on n’envoie pas d’emails limite insultants non plus, majoritairement la nounou était quand même bonne pour se trouver une autre famille.

Mais quelques voix se sont élevées pour dire qu’il fallait tenir compte des origines de cette nounou car, en Europe par exemple, les femmes ont l’habitude de laisser les poussettes, avec enfants dedans, à l’entrée des magasins pour aller tranquillement faire leurs courses, ou alors n’ont aucun scrupule à les laisser seuls au parc, à jouer rassurez-vous, pendant que là aussi, elles vont faire leur shopping. Les intervenants (car ils étaient plusieurs à soutenir qu’en gros les gosses on s’en occupe quand c’est pas les soldes ou quand il neige et fait -12°c) n’ont pas précisé à quel pays d’Europe ils faisaient référence mais ça m’a fait doucement rigoler.
Ces exemples européens ont, vous l’imaginez, soulevé des protestations choquées et une femme a conclu en disant qu’on peut se comporter comme ça parce que chez nous on ne connaît ni enlèvements, ni pervers. Ben oui, c’est normal puisque c’est chez nous qu’ils zabitent les Bisounours.

Mais la discussion ne s’est pas arrêtée là, car le renvoi sans appel de la nounou a délié les langues et le thème est devenu : « a-t-on le droit de laisser un enfant seul, quelle que soit la distance à laquelle on se trouve, et quel que soit le temps écoulé ?» Et la réponse est non. Et quand je vous dis non, c’est non, on ne cherche pas à finasser. Une mère s'est quand même fait traiter de "psycho" en avouant ne jamais quitter son fils de quatre ans des yeux, ja-mais ! Mais plusieurs autres sont venues à sa rescousse en disant faire pareil, que c'est normal et que c'est ça être parent et de s'occuper de son enfant... Il y a même une femme de policier qui est venu justifier le fait qu’un flic a le droit de vous arrêter si vous vous êtes éloigné de votre voiture (enfants à l’intérieur, contact coupé et portes verrouillées) d’à peine quelques mètres pour jeter des papiers (dans une station service par exemple), ou pour rapporter votre caddie sur le parking de votre supermarché.
Alors, me direz-vous, que fait-on de son caddie ? Et bien plusieurs pages de lecture m’ont permis d’en apprendre d’avantage sur cette fascinante question. Car je ne crois pas que vous ayez pris la mesure de ce challenge moderne. C’était : « oui, moi je ramène mon caddie avec mes enfants à l’intérieur, et puis après on revient tous ensemble à la voiture». Mais ça va pas la tête ? Car « non mais tu ne te rends pas compte, les parkings sont un des endroits les plus dangereux, avec les vieux qui confondent le frein et l’accélérateur, les gros SUV qui ne te voient pas quand ils reculent, c’est beaucoup trop risqué pour y marcher avec des enfants ». Ah bon ? « Non, moi j’attache les enfants dans la voiture, je verrouille les portes et je ramène le caddie en marchant à reculons, pour ne pas les quitter des yeux ». QUOI ? (le jour où je la croise celle-là j'espère avoir mon appareil) « Ah ben moi j’ai un bébé de quatre mois alors j’abandonne mon caddie sur le parking, tant pis ». Inconsciente. « Ton bébé tu peux le porter quelques mètres de plus, qu’est-ce que ça change ? Ton caddie il va peut-être blesser quelqu’un, je ne te souhaite pas d’avoir un deuxième enfant parce que vu comme tu as l’air empotée… » Et la femme du flic intervenant à intervalle régulier pour dire « toi, tu t’éloignes de ton véhicule, tu es passible de prison », «toi tu n’as pas le droit de dire que c’est illégal et que mon mari est un pourri qui abuse de son pouvoir, c’est un outrage, tu es passible de prison ».

Enfin, tout ça pour dire que dès que fiston sera devenu trop grand pour les courses en poussette, je commande sur internet.

mardi, novembre 6

My Tivo is soooo great !

Avis à tous les fans de séries, aux accrocs des programmes commençant vers minuit et autres indécis devant deux bons films le même soir à le même heure : laissez tomber votre magnétoscope ou votre enregistreur numérique externe, j’ai mieux. J’ai même tellement mieux à vous proposer que vous allez sérieusement envisager votre expatriation.

Votre futur meilleur ami s’appelle Tivo.

Non, Tivo n’est pas hispanique et ne vous accompagnera pas à vos cours de salsa. Tivo est une boite, c’est la « Tivo box ». Je sais, je sais… je vous entend dire « mais j’en ai une de box, c’est la Darty, la Free » et blablabla. Tout ce que je peux vous dire c’est que vous n’avez pas le Tivo, c’est tout.

Mais qu’est-ce qu’elle a en plus ma boîte ? Et bien, avant, quand vous pensiez vivre au 21ème siècle, vous regardiez le programme télé (sur papier, Internet ou directement sur votre écran, là n’est pas la question), pour savoir quoi regarder ou enregistrer. Le truc qui me choque dans cette dernière phrase c’est la partie «vous regardiez le programme télé», parce qu’avec Tivo, plus besoin de se poser la moindre question, il pense à votre place et sait vous surprendre et vous faire plaisir puisqu’il vous connaît par cœur. Non, je vous vois venir, Big Brother et tout le tralala. Que nenni, c’est vous qui conditionnez votre Tivo. Vous entrez la liste de vos metteurs en scène préférés, de vos acteurs fétiches, des séries que vous ne pouvez pas envisager de manquer, des numéros de saison que vous guettez de pied ferme, de vos centres d’intérêt par mots-clés, et bien sûr vous actualisez au fur et à mesure de vos zappings. Résultat, le soir quand vous vous installez sur votre canapé, Tivo vous informe qu’il a non seulement réussi à vous dégotter l’épisode pilote de Magnum, mais vous propose aussi un film enregistré dans l’après-midi, un film que vous ne lui avez jamais signalé mais comme il se déroule en Chine et que vous avez mis ce pays dans vos mots-clés, ben il s’est dit que ça allait vous faire plaisir. Il n’est pas mignon mon Tivo ? Et je ne vous parle même pas des achats de films par télécommande, de la programmation par Internet (qui vous permet de vous concocter votre soirée télé depuis votre boulot, ou encore mieux, depuis votre siège de métro grâce à votre BlackBerry ou assimilés), ni des transferts ultra-simples et rapides de son disque dur à votre ipod ou portable... mais puisque je vous dit qu'il est génial.

ça n’a peut-être l’air de rien à vos yeux mais sachez que si vous avez le câble, avec des bouquets un peu poussés, ben le programme télé c’est l’annuaire des Hauts-de-Seine… alors, toujours aussi catégorique ?

Là où les choses se compliquent bien sûr, c’est quand vous rachetez le Tivo de quelqu’un, parce qu’il faut le temps de le déprogrammer. Une fois vos listes faites, il peut continuer pendant quelques temps à faire des propositions liées au propriétaire précédant… ce qui peut donner lieu à des situations cocasses (enfin, pas pour tout le monde). C’est comme ça qu’un ami d’ami (ou bien est-ce une légende urbaine, allez savoir) s’est retrouvé avec un Tivo qui ne lui enregistrait que des programmes visiblement destiné aux hommes préférant les hommes. Résultat, il a passé ses nuits et ses week-ends à essayer de convaincre son Tivo que non, lui il aimait les filles mais peine perdue, son Tivo ne l’entendait pas de cette oreille. Il faut dire qu’il lui demandait d’enregistrer du catch et des cours de cuisine japonaise…

Enfin, tout ça pour dire que nous, on a même pas le câble, la honte.


Un grand merci à celles et ceux qui ont laissé un message sur ce blog, c'est bien agréable de savoir qu'on ne "parle" pas dans le vide. N'hésitez pas à recommencer, et que les lecteurs silencieux se lancent si un sujet les inspire. Je remarque que pour le moment, c'est la machine à laver qui vous mobilise le plus...

lundi, novembre 5

L'esprit était dans l'escalier

Halloween ? Autant le dire tout de suite, ça a été la Bérézina. A peine une dizaine d’enfants se sont pointés à la porte, dont la moitié ne dépassait pas huit mois et arborait de jolis pyjamas décorés de citrouilles. Nos voisins venus faire plus ample connaissance, quoi. La seconde moitié est arrivée après 20 heures, en provenance des quartiers plus pauvres. Ils ont bien fait de se déplacer, eux, et ont pu emporter des poignées entières de bonbons (il y a même eu une Morticia Adams très gothique qui a insisté pour prendre la jolie citrouille posée dans le plat, je me demande encore pourquoi).

Alors le bilan est catastrophique : 2 sacs de Snickers à peine entamés, 1 de Crunch (mais je me le réserve celui-là), 1 de Milky-way (et oui, ça existe encore) et un truc bizarre très écoeurant au beurre de cacahuète… et impossible de remettre la main sur le ticket de caisse, il va falloir que je mange tout ou que je copine avec les enfants du quartier.

Les voisins commencent déjà à sortir leurs décorations rouge, vertes et de préférence clignotantes et la municipalité a décoré les lampadaires, qu’on se le dise, c’est bientôt Noël.

mardi, octobre 30

Esprit, es-tu là ?

A J-24 heures environ, ça y est, nous sommes fins prêts et il ne sera pas dit que les Frenchies gâchent l'esprit d'Halloween.
J'avais déjà acheté deux paquets de bonbecs depuis quelques jours et comptais m'arrêter là (en faisant des efforts de volonté pas possible pour conserver le stock à peu près intact), mais heureusement que Justin s'est renseigné auprès de la propriétaire, pour avoir une idée plus précise de ce qui nous attend. Car, ayant noté la quasi-absence de décorations dans les jardins alentours - si l'on met à part les quelques citrouilles (vendues 10 à 15 $ les 2 dans tous les supermarchés du coin) posées sur les perrons, même pas creusées en masques grimaçant, rien, j'en étais presque à me dire que tout fout le camp et qu'on allait distribuer nos snickers à trois Dracula esseulés.
Renseignement obtenu par retour d'email, j'ai été bonne pour retourner au Safeway cet aprèm puisqu'il semblerait que notre rue soit très appréciée des treat-or-trickers et que pas moins d'une centaine de monstres en tous genres est annoncée à notre porte, le sang va gicler.
Plus de détails et quelques photos à suivre la semaine prochaine (car départ jeudi aux aurores vers Boston).

lundi, octobre 29

La goutte d’eau qui fait déborder le bib

La manière de préparer un biberon dépend du lait que vous utilisez mais aussi, et c’est plus étonnant, de votre pays de résidence.

Prenons le cas de fiston qui boit un lait épaissi, dit « anti-régurgitations ». En France, rien de plus simple : vous faites chauffer la quantité d’eau désirée dans le biberon et vous procédez ensuite à la reconstitution du lait en ajoutant les doses de poudre et en secouant sans vous fouler le poignet.
Aux Etats-Unis les choses se compliquent et vous demandent de faire preuve d’un peu d’imagination.
Pour commencer, vous faites évidemment comme en France… et vous obtenez un lait imbuvable, truffé de grumeaux pâteux, et vous vous retrouvez avec un bébé hurleur et une panique généralisée, de préférence vers 3 heures du mat’.
Vous décidez alors d’inverser le processus et mettez d’abord les doses de lait au fond du biberon, chauffez la quantité d’eau désirée dans un autre biberon, puis procédez au mélange en secouant comme une forcenée… peine perdue, les grumeaux sont encore là. Et pourtant, il faut bien le nourrir ce bébé qui crie famine.
C’est là qu’une énième idée de génie surgit : le blender ! Aussitôt dit, aussitôt fait, vous mettez les doses de lait, l’eau chauffée au préalable et hop, mixage intensif pendant quelques secondes. Vous versez le mélange obtenu, liquide, sans trace de grumeaux. La joie déborde de votre cœur de mère soulagée – mais vous vous faites quand même la réflexion que pour aller se balader, ça ne va pas être pratique de devoir se trimballer le fameux mixeur. Quelques minutes après ce premier biberon sans interruption pour cause de débouchage de tétine, les choses se compliquent : hoquet, régurgitations et le résultat tombe : le blender c’est bien pour mixer des Margaritas mais c’est pas terrible pour le lait, ça fait plein de micro bulles. Aaarrrggg, mais qu’allez-vous devenir ? Vous étiez sur le point de téléphoner au numéro vert noté sur la boîte de lait pour demander conseil quand vous tentez la dernière idée encore en stock… remplacer l’eau chaude par de l’eau froide, et chauffer ensuite le lait reconstitué (vous y aviez pensé mais comme en France c’est plutôt déconseillé, vous aviez renoncé). C’est donc parti : la lait en poudre dans un biberon, l’eau froide dosée dans un autre biberon et ensuite ajouté à la poudre, on secoue ….encore…encore un peu et on chauffe. Incroyable, excepté un ou deux grumeaux ridiculement petits, rien à signaler, fiston repu.

En cas de promenade ou autre déplacement, il faut donc avoir un biberon avec le lait, pour le mélange final, ainsi qu’un autre biberon avec la bonne dose d’eau… un peu compliqué mais on s’en accommode. Jusqu’au jour pas si lointain où fiston est passé à des biberons de 8 onces (env. 240 ml) et là, que découvris-je, ébahie et n’en croyant pas ma chance ? Des petites bouteilles toutes mignonnes de 8 onces. C’est là que ma vie s’est simplifiée d’un coup. Même à la maison, les petites bouteilles me servaient d’étalon, plus besoin de mouiller 36 biberons par jour –parce qu’évidemment le biberon dans lequel vous mettez le lait en poudre doit être impeccablement sec sous peine de grumeaux géant au fond du biberon.

Le rêve donc, jusqu’à ce dimanche.

Nous sommes partis passer l’après-midi à la campagne et au moment du repas du soir de fiston, surprise. Ma petite bouteille de 8 onces ajouté au lait en poudre va bien plus haut dans le biberon que d’habitude et l’ensemble est beaucoup plus liquide… tiens tiens tiens. Fiston pas content, moi un peu énervée car moi pas comprendre. Heureusement que plan B au fond du sac sous la forme d’un bol pré rempli de céréales à diluer – maintenant je le saurai, toujours avoir un plan B. Fiston rassasié, nous avons repris la route. A près de minuit, me voilà enquêtant dans ma cuisine. La bouteille incriminée faisait partie d’un pack de 12 de la marque Deer Park et c’était la première fois que j’en achetais. Je remets la main sur une bouteille de mon ancienne marque et compare le poids, Deer Park est plus lourde, déjà c’est inquiétant. Je verse ensuite le contenu d’une de ces bouteilles dans un biberon et le verdict est sans appel, près de 10 onces, soit env. 45 ml de trop, ce qui est énorme à l’échelle d’un biberon.

Ni une, ni deux, ce lundi matin, je prends mon téléphone et j’appelle le numéro vert. Je tape 1 pour avoir le service client et je raconte ma petite histoire à la dame très gentille mais qui visiblement ne croit pas un mot de ce que je lui raconte. Elle a même le cran de me dire que pour un biberon, il faut vérifier la quantité contenue par les bouteilles avant de verser, là j’ai cru rêver. Je lui ai rappelé que c’était plutôt à eux, fabriquants, de s’assurer que la quantité inscrite sur leurs emballages corresponde à celle réellement contenue… elle a noyé le poisson. J’ai laissé mes coordonnées et ils me rappelleront pour me donner les résultats de l’enquête qui va être lancée dans l’usine mise en cause par le code barre que j’ai donné… on verra bien

Bilingue en ralage...

jeudi, octobre 25

Cé koi donc ?

Telle est la question que je me suis posé la première fois que je me suis trouvée nez à nez avec cet appareil tout droit sorti d’un épisode de Happy Days . Si j’osais, je dirais de La petite maison dans la prairie mais, tout le monde sait bien que Caroline Ingalls n’avait pas de machine, elle, pour faire resplendir les chemises de son Charles. Oui, le cé koi donc est le libérateur de la ménagère américaine d’après-guerre. Je pensais être tombée sur une relique, une pièce de musée et pourtant, comme je m’en suis assez vite rendu compte, le cé koi donc (surdimensionné pour la majorité de nos salles de bain parisiennes) étale encore ses formes généreuses dans la plupart des sous-sol américains.

Très française et attachée au sens des mots, il m’aura suffit d’un cycle ou deux pour refuser d’appeler ça une machine à laver, les taches ressortant sans dommages apparents et la saleté impossible à déloger sans toute une armada de poudres, spray et gels censés remplacer l’action mécanique de notre bon vieux tambour - notez au passage le prodige du marketing qui volant à notre secours aura réussi à nous persuader, pauvres Européens encrassés, que nous devions de toute urgence nous procurer ces dits produits en nous l’enfonçant bien dans le crâne à grand renfort de pub Oxy Clean et autres spots à la créativité encore inégalée.
A la différence des Européens au niveau technologique un peu limite et qui ont des machines à laver le linge qui, fait extraordinaire... lavent le linge, les Américains ne peuvent pas s’en passer, eux, de ces produits anti-tâches car le talon d’Achille de la bonne grosse Kenmore c'est son tambour. Le linge n’est pas brassé vigoureusement par des rotations autour d’un axe horizontal. Il est tout juste remué par une hélice centrale en plastique qui, à défaut de laver quoi que ce soit, s’y prend merveilleusement bien pour dépiauter les élastiques avant de les enrouler sur elle-même.

Comment programmer la Kenmore ? Ben pour l’eau c’est chaud, tiède ou froid. Je vous vois venir avec vos étiquettes à 30°c ou 40°C. Et puis quoi encore ? Vous ne voulez pas non plus pouvoir choisir la vitesse d’essorage pendant qu’on y est ? Pour avoir 40°c, vous mettez sur chaud, vous attendez un peu, vous basculez sur tiède, et vous plongez la main dans la cuve pour vous faire une idée par vous-même. Ah, et puis tant que vous avez le bras plongé jusqu’au coude, n’oubliez pas d’en profiter pour frotter un peu, ça peut aider.

Vous l’aurez deviné, c’est journée lessive.

mercredi, octobre 24

Ah ben tiens, il pleut


Et voilà, il suffit de dire que c'est l'été indien, faire sa maligne parce qu'on se promène en tee-shirt et qu’on dîne en terrasse à 22 heures... pour que la pluie dégringole. Et puis à la washingtonienne s’il vous plaît, des cordes, des sceaux, un temps à ne pas jeter un Chesapeake dehors. Alors il faut vite remettre la main sur un pull, des chaussettes et toute la panoplie d’automne en marmonnant qu’on ferait bien du feu dans la cheminée (ah si seulement on avait une ou deux bûches sous le coude).

Et histoire de se mettre vraiment dans l’ambiance, fiston a un gros rhume qui l’empêche de respirer.

Ça sent novembre.

mardi, octobre 23

Pour quoi faire, un blog ?

Autant le dire dès le départ, ce blog est une idée en l'air, un ballon d'essai. Il ne traversera pas le siècle, il ne sera pas la mémoire de grand chose - peut-être quelques mois d'expatriation, quelques malentendus culturels, quelques paysages, quelques anecdotes familiales, pas de quoi convoquer la fanfare municipale.
Alors oui, il se peut que les posts s'espacent parfois (mais je me ferais un mot d'excuse, c'est promis), même si je me donne comme objectif (raisonnable) de poster une à deux fois par semaine.
Voilà.

Presque un mois et demi déjà dans le Maryland et que dire, en bref :
- il fait toujours chaud
- les feuilles sont rouges et c'est joli
- les écureuils sont partout et Chesapeake (notre chat, rendu célèbre par son intelligence hors du commum) s'est retrouvé perché dans un arbre après avoir cru pouvoir s'en attraper un (il a mis un bon moment à redescendre cet âne)
- Timothée (notre fiston) devient gastronome et ne lâche plus sa petite cuillère
- et pour fêter tout ça, moi je fais des muffins banane-chocolat et même qu'ils ont un vrai goût de muffins...