lundi, décembre 8

Hasta la vista


Il y a trois semaines ma vie a un peu changé, elle s'est allégée on va dire, grâce aux bons soins d'une nounou.

Connaissance d'une des nourrices francophones que je côtoie régulièrement au parc, elle avait trois grands enfants et le poids de 25 années d'expérience professionnelle qui parlait pour elle. Je n'en revenais pas de ma chance, 3 demi-journées par semaine une vraie nounou allait s'occuper de fiston , jusque là habitué à la jeune fille qui reste 2 semaines, ou à sa cousine inexpérimentée, gentille mais pas fute-fute.
Là on upgradait, on quittait la classe éco de la garde d'enfant pour se reposer dans le salon des business.
Avec une professionnelle pareille, pas besoin de longues listes de recommandations, elle savait.

Fiston est un peu difficile pour les repas… pas de problème, elle savait.
Au parc, il faut le tenir à l'œil parce qu'il aime bien tenter des figures acrobatiques pas toujours homologuées, de préférence en haut du toboggan… pas de problème, elle savait.
Pour descendre les marches du perron, je préfère que fiston ne soit pas dans la poussette, c'est dangereux et ça abîme le matériel… pas de problème, elle savait.

Qu'est-ce que c'était commode d'avoir affaire à quelqu'un qui savait tout.

Dès le début de la deuxième semaine, il m'est apparu qu'elle ne devait pas savoir que quand on part une bonne partie de l'après-midi, avec goûter au milieu, c'est mieux de prévoir une couche et des lingettes. OK, pas de problème, elle avait compris.

Dès la fin de la deuxième semaine, je me suis aperçue qu'elle quittait la maison après le réveil de fiston, avec retour prévu en fin d'après-midi, sans penser à chauffer et emporter le biberon du goûter préparé à cet effet, et dûment signalé. Coup de téléphone sur son portable, retour à la maison sans une allusion. OK, j'imagine qu'elle avait compris.

Au début de la troisième semaine, j'ai rendez-vous chez le dentiste, et quitte donc la maison en même temps qu'elle.
Lorsque j'arrive devant la porte, je trouve fiston engoncé dans sa poussette, qui attend que Perfect nounou sorte des toilettes. Je trouve ça étrange, mais elle me dit que c'est plus pratique… elle doit savoir, mais bon, c'est étrange quand même. De là, je lui demande comment elle compte descendre la poussette, chargée des presque 12 kilos de fiston, parce que vous savez que je ne veux pas que vous la descendiez comme on descend un trottoir, c'est dangereux si elle vous échappe et, au risque de me répéter, c'est mauvais pour le châssis. Non, non, Perfect nounou va porter la poussette, pas de problème, elle a compris.
Je pars vers mon rendez-vous mais quand même, je me demande.
Alors je reviens sur mes pas et je me planque derrière la voiture des voisins.

Je me sentais un peu ridicule, mais un truc me turlupinait, je voulais en avoir le cœur net. Est-ce que c'était cette manière agacée qu'elle avait de me couper la parole dès que j'essayais d'exprimer une attente nette et précise qui m'a mis la puce à l'oreille, allez savoir.
Toujours est-il que j'ai pu vérifier que Perfect nounou faisait comme je le craignais et que je pouvais bien dire ce que je voulais pour mon enfant, elle devait savoir mieux que moi. De retour de chez le dentiste, je n'ai rien pu dire, la bouche tellement anesthésiée que même mon "see you Wednesday" est passé en pertes et profits.

Evidemment, c'est la première chose que j'ai évoquée la fois suivante, je lui ai dit que je l'avais vue et que pas dans les escaliers blablabla - avec la sensation de me répéter un peu beaucoup - … OK, OK, it's OK, elle a compris c'est bon maintenant.
Et puisqu'on en était aux trucs qui fâchent, elle voulait savoir si on lui payait Noël ET le jour de l'An ou qu'un des deux ?
Sur ce, elle me laisse réfléchir jusqu'au vendredi et bien le bonjour chez vous.

Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout, qu'on me fasse sentir coupable de vouloir faire respecter le peu de consignes que j'ai par rapport à la sécurité de mon enfant. Et j'apprécie encore moins de devoir traiter avec une personne de mauvaise foi et qui ment pour avoir la paix, on a passé l'âge.

J'étais sur le point d'appeler Justin pour cette histoire de congé, quand j'ai avisé le calendrier sur le mur. Si Noël est toujours le 25 décembre, c'est un jeudi. Idem pour le jour de l'An. Et elle ne travaille pas chez moi le jeudi… du coup je ne voyais plus trop le rapport mais on s'est dit que ça devait être l'usage d'offrir le pont et on a donc décidé de lui payer le vendredi 26 pour qu'elle reste en famille, notre cadeau de fin d'année quoi.

"OK, mais montrez-moi le calendrier, c'est pas un cadeau, je vous dis que c'est férié".
C'est là qu'elle a commencé à me fatiguer, très sérieusement.
Non, ce n'est pas férié, il fallait vérifier avant de m'agresser avec tes acquis sociaux et tu pourrais dire merci puisqu'on te donne une journée de repos en famille, au pied du sapin, c'est Christmas spirit.
Peut-être qu'elle aurait préféré une carte-cadeau ?

Sur ce, commence la quatrième semaine, ce matin.
J'étais en train d'écrire au sous-sol, pour rester loin des yeux de fiston qui se cramponne à moi avec l'énergie du désespoir le plus intégral dès que Perfect nounou est dans les parages.
J'entends la barrière de sécurité qui ferme l'escalier s'ouvrir et Perfect nounou qui s'annonce.
Il fait -5°C dehors et elle veut vérifier que ce n'est pas une très bonne idée d'emmener fiston cultiver des engelures au parc… je croyais qu'elle savait.

Et puis fiston s'est pointé en haut des escaliers.
Puiqu'elle l'avait quitté dans le salon et que c'est bien connu qu'un enfant de 18 mois ça ne se déplace pas, Perfect nounou n'avait pas refermé la barrière.
Comme ledit enfant cultive à plein temps son option triple saut avant, il s'est lancé.
Oui, tout l'escalier la tête la première.

Après avoir ramassé fiston qui hurlait, j'ai demandé à Perfect nounou de s'en aller.
Elle a essayé de dédramatiser et m'a coupé la parole pour m'expliquer que les accidents arrivent tout le temps, qu'elle le sait puisqu'elle officie depuis 25 ans.

Fiston, qui ne jure que par son "bye-bye" à présent bien maîtrisé, a interrompu ses sanglots, et sans que je dise rien, s'est tourné vers elle et lui a très distinctement dit "au revoir", deux fois. On aurait dit Giscard d'Estaing un peu.



(Rassurez-vous, deux bosses, quelques bleus et une grosse peur)

dimanche, décembre 7

A la bonne mienne

C'est mon anniversaire.
Youpi.


Certains prétendent, en brandissant le calendrier grégorien, que j'entamerais ma 37ème année. On ne doit pas avoir le même almanach alors, parce que le mien me donne, allez, 25-26 ans à tout casser.
D'ailleurs il n'y a qu'à juger par vous-mêmes, je n'ai même pas mes dents de sagesse.

Mais si, absolument, je vis très bien cette année supplémentaire, je m'en réjouis même, ça m'exalte, je sens la sagesse ancestrale des croulants fondre sur moi, telle le chocolat Nestlé dessert sur ma poire.
Ma trentaine s'enfuit, tout fout le camp.
Même le dentiste le dit.
Moi qui n'y allais que pour un bête détartrage annuel, j'ai eu droit à un méga nettoyage, option grattage sous la gencive. Le genre de nettoyage qu'on ne fait qu'une à deux fois dans sa vie, parait-il.

Oh, je vous sens inquiets d'un coup. Vous comptez sur vos doigts, en réalisant qu'on ne vous a encore jamais fait le coup et que bientôt ça va être votre tour. Laissez-moi vous rassurer complètement : oui, on anesthésie.
En ce qui me concerne, le gentil dentiste a eu la main légère sur la pommade prévue pour préparer la gencive en l'endormant un peu. Tellement légère que les piqûres d'anesthésie ont juste été un cauchemar et que j'ai TOUT senti, craquage dans le palais en prime. Là, moi ça va mieux mais vous, je vois vos épaules se crisper d'appréhension et de douleur anticipative. Rassurez-vous, si votre praticien est aussi sympa que le mien, il vous autorisera à crier, même fort.

Je rappelle - pour ceux qui ne suivent ce blog que d'un œil et qui ont une passoire à la place du cerveau, que mon boîtier d'appareil est chez Nikon et que ça va juste coûter le prix exorbitant de $$$ et que c'est un tout petit peu de ma faute quand même, alors mes cadals les amis… allez-y, plaignez moi maintenant.




jeudi, décembre 4

On s'en balance

Poser fiston dans une balançoire du playground peut virer à la guerre des nerfs, autant le savoir.

Vous qui avez, ou connaissez, ou entendu parler d'enfants, vous vous dites "OK, je vois le topo, son mouflet ne veut plus s'en aller et c'est les hurlements, le caprice du siècle".
Vous n'y êtes pas du tout, mais alors pas du tout. Non, les nerfs qui lâchent sont plutôt à chercher du côté adulte.
Je m'explique.

Ce n'est pas parce que fiston a posé ses fesses dans la balançoire seulement cinq petites minutes auparavant, qu'il va pouvoir en profiter un peu. Ce serait compter sans Sharon, qui débarque avec son enfant et que celui-ci n'est pas sitôt arrivé qu'il braille déjà "I want the blue swing", ce qui signifie en bon français "dégage moi ton mioche de là pour que je puisse m'amuser".
Autant dire que Sharon regarde fort peu discrètement sa montre et que vous avez intérêt à vous magner.
Si cette pression silencieuse de 32 secondes ne suffit pas à vous faire craquer, vous pouvez compter sur son enfant - si bien élevé qu'elle devrait breveter sa technique - pour venir trépigner à vos côtés en répétant d'une voix stridente qu'il veut la balançoire bleue "NOW!!!".

Là nous atteignons un point très sensible des relations intra-playground.

Vu qu'il est socialement inacceptable d'insulter, ni l'enfant, ni Sharon. Et que, c'est déplorable, il est également moralement interdit d'avoir recours à quelque petit geste explicite de rien du tout mais qui soulagerait, ne reste alors plus qu'à donner l'exemple et rester dignes.

Je suis donc censée obtempérer sans tarder, mais Sharon ne peut quand même pas m'en faire directement la remarque parce que ce serait indélicat de sa part.
Alors que faire ?
Elle va répondre à son enfant, suffisamment fort pour que j'entende, qu'il doit patienter parce qu'au parc c'est chacun son tour… et qu'il ne doit pas s'inquiéter parce que le petit garçon a BIENTÔT terminé.

Là, il m'est difficile de répondre, via fiston, qu'en fait NON, on en a encore pour un bon moment puisqu'on vient juste de commencer.
Si vraiment je viens à peine de l'installer et que fiston a l'air de s'amuser - et que je ne recule pas devant la perspective de créer un incident diplomato-parentesque - je peux en informer directement Sharon, mais alors avec moult "sorry" et promesses sur l'honneur que ça ne va pas durer trop longtemps quand même.
Parce que Sharon peut se la jouer cool cinq minutes, avec son bonnet à grosses mailles et ses Timberlands, mais je vous rappelle que la merveille de ses jours est en train de piquer une crise de nerfs au motif que, de tous les équipements du parc, c'est cette balançoire là qu'il veut.
Signaler à Sharon que cette balançoire là, justement, est réservée aux enfants de moins de 36 mois ou 20 kilos, en ouvrant grands les yeux et en faisant un geste du menton vers son fils de 4 ans qui ressemble au plus gros des Teletubbies n'est évidemment pas une option, Sharon n'ayant aucun humour quand il s'agit de la vie en général, et de tout le reste en particulier.

Alors que faire (bis) ?
Sourire bêtement et prendre son temps avant de plier bagages. Mon truc c'est de parler – fort – à fiston en français. En général la Sharon emmène son fils criser ailleurs.

Je suis une tueuse de codes sociaux polyglotte.

samedi, novembre 29

La tache


Je peux dater avec exactitude le moment où mon appareil photo a cessé d'être l'incarnation de la perfection technique à mes yeux, pour commencer à me gratouiller les nerfs dans le mauvais sens du poil.
Nous étions sur un bateau, en vacances chez des amis aux Seychelles, et le cul bien bordé de nouilles si vous voulez mon avis.

Aparté : si vous ne résidez pas à proximité d'une mer un peu chaude, d'une montagne un peu jolie, d'un village un peu médiéval ou d'une campagne un peu attrayante, pas la peine de poser candidature, vous ne serez pas mon ami, ou alors je ne viendrai jamais vous voir.
J'arrête tout de suite ceux qui s'apprêtent à me laisser des messages sur le thème… alors comme ça je ne suis pas assez bien pour toi, parce que Madame pense qu'on crève tous d'envie de le voir son Maryland ? tu sais ce qu'elle te dit ma ville moche de 58 329 habitants ?
Déménagez ou taisez-vous, merci.

Le ciel était limpide, la mer transparente et l'alternance de bancs de sable et de corail nous offrait toutes les teintes de bleus et de vert imaginables. En somme c'était beau. Je me suis alors dit que ça valait bien la 359ème photo du jour, et j'ai collé mon œil à l'oeilleton.
Le paysage est apparu, mais avec un petit quelque chose en plus, le genre de détail qui énerve et qui flingue tout, une horrible tache de poussière en haut à droite, bientôt rejointe par une plus petite, en plein milieu parce que c'est plus pratique pour gâcher tous les clichés.
Je suis restée calme, descendue dans ma cabine pour nettoyer tout ce petit monde, boîtier et objectif, soyons fou. Les taches continuaient à me narguer et il me semblait même en voir une troisième.
Je restai zen, no panic, genre photographe de guerre qui en a vu d'autres et qui ne s'en laisse pas compter, re-nettoyage de printemps, re-tache.
Là, j'ai eu une pensée jalouse envers les photographes de Roland Garros qui déposent leurs appareils au stand et vont boire un café avant de récupérer leur matos aspiré du sol au plafond.
Après un cinquième nettoyage, et une aggravation de la situation, je me suis dit qu'il était temps d'arrêter et que ce devait être l'humidité, malgré les nombreux sachets absorbants qui tapissaient mon sac. Pour être honnête, je me le suis dit après ce cinquième nettoyage, mais aussi après avoir envisagé la soulageante possibilité de prendre le boîtier et de le fracasser contre le mur, quitte à faire un trou dans la coque.

J'ai passé le reste des vacances à pourrir des photos, et à râler parce que des fois, on a beau savoir qu'il y a toujours Photoshop pour se récupérer derrière, c'est quand même déprimant.
Si je vous dis que les Seychelles c'était en février 2006, vous comprendrez – parce que je vous idéalise complètement et que je vous imagine fort en calcul mental – que jusqu'à hier matin ça fait un nombre hallucinant de photos pourries par des taches en tous genres, le phénomène ayant eu plutôt tendance à s'aggraver avec le temps et les changements d'objectifs. Allez, je dirais au bas mot 3 ou 4 milliers de clichés.
Et, si j'ai bien le logiciel, et même un livre pour me dire comment m'en servir, Photoshop ne m'a pas encore été présenté en bonnes et dues formes, alors mes nerfs ont peu à peu lâché.
Donc, un matin d'énervement plus explosif, j'ai remis la bête les boyaux à l'air, j'ai trituré, dépoussiéré comme une maniaque, soufflé, humecté, astiqué, fait briller… pour retrouver mes jolies taches.
Allez hop, j'ai tout rangé, juré de ne plus jamais faire une photo dans ces conditions, déprimé… pour à nouveau embarquer mon tortionnaire en vadrouille.

Mes mots avaient dû être trop violents pour lui et mon désaveu sincère, il ne pouvait plus continuer dans ces conditions de récriminations incessantes et mon D70S s'est fait hara-kiri, miroir bloqué, message d'erreur, barré en congés sans solde et sans préavis.

J'ai fulminé, re-trituré les entrailles sans vie, en vain. En pleine parade de Thanksgiving, sommet de l'agitation culturelle de par chez moi, je me suis retrouvée seule, avec deux objectifs à présent orphelins sur les bras et un chagrin de matin de Noël, quand non seulement on n'a pas les bonnes piles pour faire fonctionner le jeu qu'on a reçu, mais qu'en plus c'est pas celui qu'on attendait.

Après une étude de marché poussée, réalisée grâce aux prospectus publicitaires, je me suis vite rendue compte qu'une réparation coûterait sans doute moins cher qu'un boîtier neuf. Direction E Street en ce matin de Black Friday, le jour de toutes les folies dépensières.

Verdict : boîtier réparable, c'est heureux.
Juste comme ça, un peu poussée par Justin, je lui parle de mes taches.
Il me demande si j'ai bien nettoyé le chip.
Ben oui, merci, ça va, je sais qu'il faut nettoyer mon appareil, je suis pas débile non plus.
Il me fait une petite démonstration, avec un genre de coton-tige géant, visiblement prévu pour ça.
En observant la tête carré de son engin, et en l'entendant dire que la forme est différente selon les appareils, je me dis qu'il serait bon de reposer une question, pour être sûre.
Mais, quand vous dites le chip, vous voulez dire le miroir ?
Ah non, le miroir on n'y touche pas. Non, c'est le chip qu'il faut nettoyer.

Vous savez où il est, le chip ?
… Montrez pour voir.

La lumière s'est faite mes amis. Je suis une photographe libérée, je sais où est mon chip, adieu taches et crises de nerfs (là c'est Justin qui est content).
Il se trouve que j'ai possiblement pété mon boîtier à trop y triturer, mais c'était pour l'édification de la nulle qui est en moi, celle qui veut faire de belles photos sans jamais avoir pris un cours de sa vie. No comment.


jeudi, novembre 27

Avent l'heure

Si vous n'avez pas encore préparé, en famille et avec amour, votre Christmas pudding, ce qui est toujours mieux que seule – encore que – et énervée par cet abruti de chien qui vient exprès sur votre pelouse faire ce qu'il a à faire, c'est que le Holiday spirit ne vous est pas encore tombé dessus ou que vous n'aimez pas cuisiner.

Vous trouvez que l'ambiance n'y est pas, que c'est la crise et que tout le monde tire la tronche ? Ou vous le faites exprès, ou vous avez abusé de l'infâme bûche crème au beurre que vous avez cru bon d'acheter en avance et congeler pour gagner du temps. Mais allez, un petit effort que diantre.
Vous ne remarquez rien, entre le rayon des boîtes de chocolats géantes tellement promotionnées qu'on se demande si c'est du vrai chocolat à l'intérieur et celui des bougies parfumées ? Mais l'ambiance justement, toute prête à vous faire acheter un rêne gonflable pour votre bout de jardin.
En avant Jingles bells et Mon beau sapin, envoyez les flocons de neige géants en polystyrène suspendus au faux plafond. C'est parti kiki comme dirait fiston.
Dans le fond, faire ses courses à cette époque de l'année, c'est comme la saison de la chasse quand on est un lapin, il y a un avant et un pendant, et pendant c'est comme d'habitude mais en moins bien.
L'autre jour, le temps d'acheter un cadre photo, une selle de vélo et un bonnet de père Noël pour le chat, j'étais en overdose de Let it snow, Let it snow, Let it snow, d'autant que sur la question je suis hyper susceptible depuis que la semaine dernière le thermomètre se l'ait joué plongeur des abysses et que les gourous de la météo ont piétiné mes nerfs en annonçant une neige qui n'est jamais venue, laïlaïlaïlaï.
Et oui, pour la modique somme de 4,99$, Chesapeake est à nouveau victime de l'humour glacial et sophistiqué de ses maîtres, mais c'est pas moi, c'est Justin qui m'a forcée.

Maintenant, si vous ne vous êtes pas laissé emporter par cet esprit festif qui donne envie de boire du vin chaud devant la cheminée, juste parce que vous n'êtes pas manuels et ne savez pas comment assembler la jolie petite maison en pain d'épices, avec bonbons décoratifs et personnages en cannelle, c'est ballot.
Savez-vous que c'est obligatoire de fabriquer ses Christmas cookies, et de les décorer soigneusement avant de les offrir à ses nombreux voisins pour qu'ils aient des sucreries à refourguer au chien ? Attention, c'est sérieux.
Comment comptez-vous participer à la Holiday cookie and Caroling party du bout de la rue ? Je vous rappelle que vous êtes censé arriver les bras chargés de ces petites gourmandises en formes d'étoile, de bonhomme de neige ou de gingerman. Et, à moins que vous ne fassiez partie de la chorale improvisée qui va massacrer la plus grande quantité possible de chants de Noël en prenant son temps – 4 heures ayez pitié -, et que vous arrivez malgré tout les mains vides, j'aimerais bien savoir ce que vous allez faire, sans rien avoir à décorer au sucre coloré pendant qu'on cancane sur canapé.
M'étonnerait pas que l'hôtesse soit horriblement déçue par votre comportement et qu'elle vous raye de sa liste d'invités à sa Easter egg hunt party d'avril prochain.

Allez, c'est pas tout ça mais j'ai une dinde à faire cuire et un sapin de Noël à décorer.

Happy Holidays à ceux qui le veulent bien.

mardi, octobre 28

J'ai le bras long

Allez, cette fois c'est parti, l'hiver arrive. Le chauffage est en route et j'ai dû racheter des mouchoirs en papier, si c'est pas une preuve ça.
Et que fais-je aux premiers frimas ? J'ouvre le placard de la chambre et je revisite mon petit musée des horreurs.

Il y a le choix : entre les deux pulls beiges qui sont feutrés depuis un bête accident de machine l'année dernière, les pleins de bouloches, les troués, le turquoise horrible qui ne me va pas du tout et que Justin déteste mais qu'était pas cher, les jolis qui résistent mais qui sont synthétiques et tout le monde sait que l'acrylique ça ne réchauffe personne, les super décolletés parce que c'était la mode et qu'un col qui couvre à peine le nombril c'est bronchite assurée, celui que j'aime bien mais dont les manches sont trop courtes, pour résumer la situation, c'est la dèche, je n'ai plus rien à me mettre. Là je sanglote.

Après un tour rapide mais néanmoins exhaustif – trois boutiques – de ce qu'offre my beautiful city, les bras m'en tombent, ce qui est au final est assez pratique car tous les pulls croisés dans les vitrines n'ont pas de manches, ou à peine.
Je n'ai jamais été abonnée à Elle et je ne suis pas très au fait de ce qui se fait, mais là quand même… ça me semble aussi bien pensé que les maillots de bain tricotés au crochet qui ont fleuri sur tous les bords de mer.

Ce matin il faisait 5°c. Je suis censée mettre un pull à manches ultra courtes, avec un tee-shirt à manches ¾ en dessous ? Ah oui parce que, en plus, pour dégoter un tee-shirts à manches longues c'est quasi sans espoir. Et pour que mon look soit au top, était-ce bien utile de tailler ces pulls à hauteur de nombril ou de genoux, avec à peu près rien entre les deux ? Je pose la question parce que là, moi pas comprendre et moi un tout petit peu énervée.
La vaccination contre la grippe est limite obligatoire dans ce pays, certes, mais est-ce une raison pour obliger les femmes à grelotter bras nus ? Ah mais si, bras nus, parce que la plupart des manteaux ne couvrent pas au-delà du coude et n'ont que deux boutons à tout péter, c'est plus joli comme ça.

Il faudrait préciser aux hommes qui dessinent les vêtements que nous, les femmes, ne sommes pas magiquement télé transportées vers nos lieux de travail surchauffés et que de nos chez nous au métro, bus, garage, crèche, bureau, supermarché etc., il y a le dehors. Merci.


samedi, octobre 25

Toy story

Nous l'avons échappé belle.

Au moment de la naissance de fiston, une bonne fée américaine lui a offert un chaton en peluche.
La belle affaire, me direz-vous. Et bien non, pas jolie-jolie justement, car vlà-t'y-pas qu'un an plus tard ce beau geste s'est révélé empoisonné, encore plus fourbe que le coup de la pomme offerte à Blanche Neige par la sorcière.
Judy, si tu me lis, non, je ne te traite pas de sorcière, c'est une métaphore franco-grimmesque, je t'expliquerai.

Pourquoi m'en prendre à ce pauvre chaton qui a priori ne m'a rien fait quand je laisse Chesapeake s'en tirer à bon compte alors qu'il continue à semer ses poignées de poils partout et que les rares fois où il daigne s'en occuper, c'est pour mieux les vomir sur le tapis ?
Mais parce que le chaton est devenu en l'espace de quelques jours le doudou. Oui, the fiston's doudou, l'officiel.

Et si je vous dis que notre chère amie américaine est tombée en amour de cette peluche toute mignonne alors qu'elle était de passage à Londres, vous comprendrez mieux le problème.

J'ai assisté impuissante à l'attachement de fiston. J'ai eu beau essayer de faire diversion - le petit chien avait dû lui dire un truc pas sympa et l'enfant a la rancune tenace, alors oust le chien, l'éléphant était trop rugueux ou alors c'est sa trompe qui ne lui revenait pas mais niet, et le grelot du lapin lui tapait sur les nerfs, je n'ai rien pu faire, le chat s'est installé dans le rituel du soir, acclamé par un "miaou" perçant du fiston tout heureux de le retrouver et de l'enlacer pour s'endormir.
Le mois d'août en France a été la consécration, le copain incontournable qu'on retrouve quand tout change sans arrêt et qu'on ne reconnaît plus rien. J'aurais pu lui acheter tous les poneys de la création, c'était trop tard, le couronnement du doudou avait eu lieu et voilà.

C'est ma marraine qui m'a mis la puce à l'oreille.
Tu en as un autre de rechange, au cas où ?
Au cas où quoi ? Les périls qui guettent tout doudou qui se respecte ont défilé sous mes yeux: un oubli, un accident de Kenmore, un vol, un enlèvement et que sais-je encore, une fugue même pourquoi pas.
En interrogeant les parents de jeunes enfants autour de moi, j'ai réalisé que j'étais vraiment l'inconsciente de service et que si j'avais eu de la chance jusqu'ici, ce n'était pas la peine de tenter le diable. Deux versions de doudou identiques et interchangeables, c'est le minimum. Trois pour être tranquilles. Quatre pour les anxieux ou les grandes familles. Cinq pour être vraiment sûrs. Six c'est extrême mais ça ce pratique.
Je l'aurais bien fait tatouer mais le véto a refusé.

Donc, en route pour dégoter le jumeau du chaton londonien. Heureusement, il avait été acheté dans un grand magasin facile à identifier : un badge sur la poitrine de la peluche qui dit "my first Harrod's kitten" – ce qui m'avait bien fait ricaner en recevant la bête, sur le thème, et vous noterez au passage l'ironie implacable de mon existence : "vu comme il est beau c'est sûr que je vais courir à Londres m'en payer toute une tripotée", la même inscription brodée sous une des pattes de l'animal au cas où l'acheteur soit un peu lent à la comprenette, et l'étiquette arborant le logo du magasin cousue sur le côté. Avec tout ça, j'ai cru que c'était un cadeau publicitaire, ouarf suis-je bécasse parfois.
Sur le site internet, j'ai dégoté la bête, chérotte mais que n'est-on prêts à faire pour sauver ses soirées ? Je garnis mon panier, je remplis mes coordonnées postales et bancaires et alors là, tout le bien que je pensais des nouvelles technologies est allé rejoindre celui que j'ai pu penser de l'electro-ménager américain, il y a de ça bien longtemps c'est vrai.
Les frais de port d'un pov machin de 214 grammes ont presque quadruplé le montant, aboutissant au prix du gramme le plus élevé depuis l'invention de la peluche synthétique. Ils me l'envoient en hélico le chaton ou quoi ?

Et voilà comment un geste tout plein de bonnes intentions s'est révélé empoisonné.

Mais comme on est pleins de ressources, on a débusqué un ami qui allait être de passage à Londres et qui, parce que sa générosité n'a pas de bornes, a accepté d'aller se faire écraser les arpions et subir les tentatives d'étouffement par foule en délire devant le sanctuaire dédié à Dodi et Diana, tout ça pour que fiston puisse dormir tranquille avec son chaton qui n'a même pas de nom.
Jonathan : remerciements, reconnaissance et tout le toutim mais bon, tu aurais pu en prendre deux… c'est malin, il va falloir que tu y retournes.

mercredi, octobre 1

Sur les bancs publics


Laissez-moi vous parler de ma découverte des squares à la française.

Au bout de trois-quatre jours à courir derrière un bipède plus qu'enthousiasmé par ses nouveaux super pouvoirs de marcheur – et une fois passée la bouffée de nostalgie sur le thème "ici je me serais déjà fait des copines" – je me suis mise à regarder autour de nous.
Déjà, on n'imaginerait pas, mais s'aventurer dans le bac à sable c'est comme se transformer en gladiateurs jetés dans la fosse aux lions : on a le droit de pousser, de pincer, d'arracher les jouets ou les cheveux, surtout si la nounou regarde ailleurs, et lancer des poignées de sable. Peu nombreuses sont les interventions pour expliquer qu'il faut apprendre à partager et que non, ce n'est pas fair play d'aveugler son adversaire.
Fiston, habitué aux interventions toutes enrobées de politiquement correct à l'américaine, en est resté comme deux ronds de flan. Personne pour s'assurer qu'il allait bien, pour s'excuser platement, lui refiler la carte d'un bon avocat ou lui rendre le jouet injustement arraché. Enfin si, moi, mais je me suis sentie un peu seule.

Mais si au square les enfants se tapent, s'éclaboussent, trichent et deviennent meilleurs copains en quinze secondes, pas de quoi fouetter les pigeons.
Le pittoresque est plutôt à chercher du côté de la mère de famille.

Prenons d'abord le cas un peu à part de la femme enceinte, déjà mère parce que sinon on ne voit pas bien ce qu'elle ferait à passer ses aprèm au square.
La femme enceinte américaine est toute dévouée à son ou ses enfants, limite elle fait comme si elle n'avait pas mal au dos ou les jambes enflées. Elle court, chante, pousse les balançoires, certaines vont même jusqu'à se plier dans le toboggan avec le petit dernier. La femme enceinte américaine – enfin, celle qui ne reste pas planquée chez elle en repos obligatoire, est sportive et mange au moins cinq fruits et légumes par jour.
La femme enceinte française est contente parce que sa meilleure copine est enceinte en même temps qu'elle. Du coup, elle vont au square avec leurs enfants et elle font comme si ils n'existaient pas, le temps de se détendre, assises sur un banc, et de papoter en se fumant une bonne clope. La femme enceinte française n'est pas très branchée fruits de saison.

Et quand elle commence à en avoir assez des sollicitations permanentes de ses enfants, la mère de famille américaine inspire, se greffe un sourire épanoui et redouble d'efforts pour que sa progéniture s'occupe seule quelques minutes pour pouvoir décompresser en culpabilisant de ne pas se donner à 200 %. La mère de famille américaine refoule.
La mère de famille française, elle, régale ses voisines de banc d'un tonitruant "Jennifer je te préviens, si tu n'arrêtes pas de me faire ch… je t'en colle une et tu viendras pas chialer". La mère de famille française se défoule.





edit : merci pour les messages sur le thème "quand te reverrai-je, blog merveilleux". J'apprécie.

mardi, juillet 22

Je l'ai fait

Alors cette fois-ci, aucun doute n’est plus permis, je suis entrée en phase d’acculturation aiguë.

Il y a d’abord eu les premiers signes, des petits rien sans gravité : les biberons que l’on calcule directement en onces, les degrés Fahrenheit du four que l’on manie avec de moins en moins d’hésitation, acetaminophen que l’on est capable de réciter huit fois de suite à l’envers et l’effort qu’il faut faire pour se souvenir que dans notre pays on dit paracétamol.

Puis le phénomène a pris de l’ampleur, le cerveau a été salement amoché : on s’est mis à fabriquer des mots parce qu’ici c’est permis : je dis « poignardage » si je veux, on hésite devant une boîte d’œufs parce que « poules élevées en liberté » c’est pas la même chose que bio, ça d’accord, mais le plus mieux en oméga-3 c’est lequel ?, au feu rouge on tourne à droite sans se poser de questions, flèche ou pas flèche, ben oui ici on a le droit, le matin au parc on croise des mères de famille en bas de pyjama et on s’en aperçoit à peine.


Mais je tenais encore tête, JT de France 2 en cure intensive, défilé du 14 juillet et soupe à l’oignon, mes racines tenaient bon.
Jusqu’à samedi dernier.
C’était le matin, fiston dormait et Justin se concentrait dans le bureau. Calme plat et silence.
Sans réfléchir, juste comme ça, pour voir, pour rigoler, pour essayer… pour faire comme toutes les autres ici qui sortent en chemise de nuit enfilée sur un jean, OK, mais ongles faits et jolies sandales s’il vous plaît, je me suis peint les ongles des pieds.
En moins de deux, mes bouts d’orteils sont devenus groseille et je suis entrée dans le moule.
J’avais beau savoir que sortir les ongles nus est le summum de l’indécence et du moche pour beaucoup de
washingtoniennes, jusque là ça ne m’avait pas empêchée de dormir, spécialité encore réservée à fiston.
Mais maintenant que le pinceau s’est coincé dans l’engrenage, suis-je condamnée à des peinturlurages réguliers, oserai-je remettre mes tongs et rien d’autre ?
Oh my god, me v’là avec les soucis de Sue Helen, le whisky en moins, c’est pas la preuve de mon intégration ça ?

Il aura fallu deux jours à Justin pour se faire à mon nouveau look, moi je me suis maté les pieds toute la journée en résistant à l’envie de m’appeler Madame et fiston a beaucoup rigolé en poursuivant mes orteils pour les manger. Chesapeake, lui, a eu quand même un peu peur alors il m’a tapé les pieds plusieurs fois, pour s’assurer qu’il les avait convenablement assommés, et les a ensuite longuement reniflés. Oui, j’ai bougé, juste pour le plaisir de le faire sursauter.


Après leur avoir démontré qui était le patron, notre valeureux carnivore n’a plus voulu quitter ses nouveaux amis.


mardi, juillet 1

Emballé c'est pesé

Bon, ce coup-ci ça y est.
Les voisins sont partis, les blogs se mettent au vert les uns après les autres et ma boîte email ne me délivre même plus mes deux messages hebdomadaires. Vous êtes tous partis ou quoi ?

Pour patienter, je n’ai plus qu’à lancer le compte à rebours avant notre départ vers la mère patrie.
Plus qu’un mois et des poussières.

J’aimerais beaucoup être de celles qui font des listes hyper détaillées de tout ce qu’il faut emballer. Celles qui n’ont pas besoin de passer leur voyage à stresser et à passer mentalement en revue tout ce qu’elles ont oublié d’irremplaçable.
J’aimerais, mais je ne suis pas comme ça.

Depuis que je prépare mes affaires toute seule, soit le début de l’adolescence, ça se fait toujours la veille au soir, tard et fatiguée. Je m’énerve après le gilet noir que je ne retrouve plus, celui qu’il me faut absolument, parce qu’il est noir justement et qu’il va avec tout.

Si j’ai de la chance, j’ai suffisamment de fringues propres en stock, sinon ben tant pis, je fais une lessive en arrivant – si je suis en famille parce que sinon, je lave dans la nuit, et je sèche l’unique jean, encore bien humide au petit matin, au fer à repasser. Oui madame, c’est du vécu.

Les chaussures. Toujours trop. Il y a celles qui vont avec les pantalons, mais qu’on ne mettrait jamais avec une robe, et celles qui font vraiment été et que si jamais il pleut on aurait l’air ridicule avec. Ne pas oublier celles pour marcher, les confortables qui pèsent deux kilos et que je mets donc aux pieds pour partir.
Bref, trop de place pour des pompes qu’on ne mettra finalement pas une fois, du coup il faut sabrer sur le reste.

Non, pas sur le sèche-cheveux, je tiens à conserver ma dignité, même en
zone humide. Ni sur les bidons de crème solaire indice 255, il en va de ma survie épidermique.
Tant pis, je tranche, j’évacue, je limite, je me rassure avec le shampoing et le gel douche tous neufs qui feront de la place au retour.

Et oui, parce qu’on revient toujours plus chargés qu’on est partis.
Des livres qu’on ne peut pas laisser derrière soi
– pensez, Mary Higgins Clark, ce serait dommage - un collier de coquillage acheté sur la plage pour une misère multipliée par douze, quelques babioles dénichées pendant les soldes parce que c’est plus marrant d’aller dans la réplique exacte de la boutique qu’on a en bas de chez soi quand on est à des centaines de kilomètres de là, quelques fromages de chèvre décidés à rentrer à pied, ou trois kilos de gros sel gris parce qu’il était tellement moins cher qu’à Paris.

Et ça c’était quand je partais encore relativement légère – un concentré d’absolue nécessité d’une petite vingtaine de kilos.
Cette année, je m’apprête à retraverser l’Atlantique munie de fiston, pour un mois, la fin des vacances avec le retour en solo. Je ne vais pas couper à un minimum d’organisation.
Si le compte est bon, ça fait deux personnes, donc au moins deux valises, un sac cabine et une poussette pour seulement deux bras. Aïe, là on est mal.
Ne me reste plus qu’à invoquer Shiva et le saint-esprit du rangement pour m’épauler dans cette épreuve du feu.

Si ça se trouve, je vais même me mettre à faire des listes.