lundi, mai 10

C'est pas d'ma faute, un ours a mangé mes devoirs



Allez, après tout le foin fait cette année autour de l'anniversaire de fiston, je vous dois bien l'épilogue.


Imaginez-vous, vendredi soir 22h30, veille de la petite sauterie.

Comme je me cherche une occupation, je me dis "Tiens, fais donc 2 gâteaux supplémentaires pour demain". Et voilà donc le premier qui sort du four, hum, ça sent bon, il est au chocolat de France, gardé tout spécialement pour l'occasion, c'est dire son prix.

Comme je n'ai pas très envie d'y passer la nuit, je le mets dehors pour qu'il refroidisse plus vite, pour pouvoir le démouler sans le faire imploser, ce qui serait dommage puisque c'est lui qui a été voté porteur de bougies.

Il refroidit tranquillement sous le petit porche attenant à la cuisine, pendant que je m'affaire à terminer son petit frère.

Machinalement, je lance un regard sur ma droite, vers le jardin, que je vois à travers la porte fenêtre donnant sur le petit porche en question.


Là, mon sang se glace, je lâche le paquet de farine, je crie "Nooooon !!!!!!!", et terrorise Justin qui pense qu'un serial killer vient de traverser la pelouse un couteau entre les dents et quelques cadavres sous le bras, je m'élance en faisant de grands gestes.

Mais il est trop tard.

Je croise Chesapeake, qui rentre ventre à terre, tellement terrifié qu'il en a même oublié de mettre sa queue en position plumeau.

Je m'agenouille près de la victime et ne peux que constater l'étendue des dégâts, les traces de blessures sont très nettes.


Un opossum a niaqué mon fondant au chocolat français, l'#$%gdbj*!!

Nerveusement ça a été très dur.

On a aussitôt monté une cellule de crise, pour prendre les bonnes décisions:

[Les dialogues qui vont suivre ont été floutés, afin de préserver l'anonymat des acteurs en présence.]

- "Alors, on le jette ?"

- "Imagine que les enfants tombent malades, on peut pas le servir".

- "Et si on découpe autour ?"

- "En disant rien ?"
- "Non ?"

- "C'est dégueulasse quand même un opossum, ça ressemble à un rat, tu mangerais de la bave de rat ?"

- "Mais non, ça vit dans les arbres, ça n'a rien à voir. Je peux le manger sans problème".

- "En même temps c'est blogable comme histoire."

- "Rires"

- "Sauf si on sert le gâteau, là faut rien dire".


Il a donc été décidé de ne pas servir le gâteau et d'en refaire un le lendemain matin, car ce n'est pas tous les jours qu'on a une bonne histoire à raconter sur ce blog.


Depuis, on s'intoxique à la bave d'opossum en comité restreint, car il ne sera pas dit qu'on fiche en l'air du Nestlé dessert.


Et puis pour les citadins que vous êtes, je vous mets la tronche que ça a, un opossum.

Le voilà, il y a un an pile:



Et puis, comme c'est aujourd'hui, le D-Day, Happy birthday fiston!

mercredi, mai 5

Thème le rayé?


J’ai frôlé l'impair majeur dans le domaine de la festivité anniversale, ma réputation ne s’en serait jamais remise, je la connais, elle est très sourcilleuse. Et vous, qui me laissiez me dépêtrer avec mes histoires de gatal et de goûter d’anniv sans rien dire, non mais je vous jure.


Plusieurs indices avaient bien essayé de me mettre sur la voie, mais moi pas comprendre.

L’invitation à l’anniversaire de la copine de classe de fiston, le papelard immonde estampillé « Disney Princess » en caractères gothiques rose bombec, et l’annonce du thème qui va avec pour la sauterie – déco et déguisements de rigueur -, m’avaient mis une puce dans l’oreille, mais pas plus.

C’est plus tard que j’ai définitivement percuté, quand plusieurs Perfect Mums s’extasiant à propos de l’anniv imminent d’un fiston qui répète « I’m almost three » en boucle depuis une bonne semaine, m’ont demandé, toutes excitées, « And what’s your theme this year ? »


Un thème ?!

Aaahhh ! C’est pour ça que tout est coordonné dans les magasins, invitations et cartes de remerciement, nappes en plastoque, serviettes et chapeaux pointus, assiettes pour manger, assiettes pour présenter, assiettes pour préparer, verres d’un demi-litre, boîtes pour remporter son cupcake à peine entamé et sachets pour y glisser les cadeaux des invités. Moi je croyais que c’était pour avoir le choix.

Noooon ? On est censé tout acheter dans son thème ?


Alors, alors ?

Spiderman ? J’suis arachnophobe et je dois prendre vachement sur moi pour ne pas déménager dès que fiston me signale une araignée.

Winnie l’ourson obèse ? J’ai appris à l’école que non, c’est pas pour les 3 ans, ils sont trop grands.

Cars ? C’est kouâââ ?

Thomas le train ? Ça a déjà été fait et je ne veux pas passer pour une copieuse, non mais dis, on a sa fierté.

J’ai vite compris, après un bon quart d’heure plantée devant le linéaire d’une trentaine de mètres, qu’en dehors de Disney ou Pixar, point de salut, ce qui finalement m’arrangeait bien, vu les prix pratiqués. Ce n’est pas tout ça, mais comment je fais, après, pour payer les lycéens que j’espère convaincre d’entrer dans des déguisements Tortue Ninja, par 30°C à l’ombre ?


Voilà où en était ma réflexion, et je commençais à le sentir super mal. Pas d’idée à 6 jours de l’événement, ça sentait l’anniv tout pouilleux, la honte au playground, l’ostracisme dans le quartier. Aucun animateur-chanteur-magicien-hommeàtoutfaire-jardinier n’ayant daigné répondre à mon offre d'emploi temporaire, sans thème à se mettre sous la dent, c’était se moquer du bon peuple et j’en étais presque à vouloir tout annuler.


Mais « A tout problème, sa solution », proclame l’Almanach Vermot, page 127 de l’année dernière, et, forte de cet encouragement, je suis partie pour une petite virée en famille chez Ikea. En fait, c’était notre second dimanche de pèlerinage consécutif et Justin faisait des blagues sur le fait qu’on devrait peindre des flèches sur notre parquet, pour reconstituer le parcours du magasin, vu qu’on a à peu près toute la panoplie de la maison nordique en kit.


Je suis sortie de l’ascenseur qui s’ouvrait sur le libre-service, le lieu de perdition de toute ménagère à l’affut de torchons assortis à son papier peint vintage ou de serviettes en papier pas du tout écologiques mais tellement de bonne qualité et pas chères que, si ça se trouve, on peut les laver et les réutiliser. Et c'est là, à peine au début de ce difficile parcours fait de tentations et de renoncements, sous les « Mais t’en as déjà plein » « Ah non, on avait dit qu’on levait le pied sur les bougeoirs » « Je vais pas me battre avec toi pour ça, mais bon… » « Allez, on avance là », j’ai vu la solution à mon problème.


Des verres en carton, avec assiettes assorties et serviettes en papier à peu près dans l’idée. Il y avait aussi des assiettes de service et de jolis plateaux mais cf « Je vais pas me battre avec toi pour ça, mais bon… », J’ai renoncé. Le tout, rayé blanc et vert, aucun rapport avec enfant/anniversaire/fête/bougies/ballons mais, à 6 jours du D-Day, on fait des concessions avec les studios Universal et on se rappelle ce que Vermot dit à la page 73, « Aux grands maux, les grands remèdes », à moins que ça ne soit « Qui trop embrasse manque le train ».


Depuis, j’ai réalisé que si ces rayures me paraissent familières, c’est qu’on a une petite housse de couette comme ça, de l’époque où Justin était jeune et roulait à mobylette.

Donc, maintenant j’ai une nappe assortie à la vaisselle, si c’est pas thématique ça.


mardi, mai 4

On va avoir des ennuis


Quand j’ai lu les premières lignes, là , ça m’a fait sourire jaune.

Oui, ici aussi fiston parle. De mieux en mieux même.

Et il connait bien toutes ses couleurs, en français, comme en anglais.

Et il sait montrer du doigt.


Ça nous donne, doigt bien pointé :

« Mamaaan, il est noir le pitit gaçon »

« Ben oui. Arrête de montrer du doigt, tu vas nous faire repérer. »

« Mamaan ! He’s black ! Boy black Mamaaan ! »

"Oui oui, son père fait deux mètres et nous regarde, si on changeait de sujet ? »


Semaine suivante. Le vocabulaire s’élargit, et fiston apprend les formes et les volumes.

« Mamaaan, elle est gwosse la dame. »

« Et non francophone j’espère.»

« Pourquoi elle est gwosse la dame, Maman ? »

« … » Je cherche, je cherche.

« Là, làààà, Maman, la dame ! Enooowme ».


Et, il y a quelques jours, alors que je me pensais à l'abri de ma maison et, donc, libre de planquer mes cheveux sales et plats sous un bandeau moche acheté tout spécialement pour ce genre d'occasions:

"Enlever bandeau Maman."

"Ah bon, tu n'aimes pas ?"

"Non, pas beau. Pas bien coiffée, Maman"

Quelqu'un d'un peu susceptible l'aurait mal pris.


Bon, à côté de ça, il dit « à tes souhaits » et « s’il te plaît Maman chéwie », on n’a pas wien sans wien.



jeudi, avril 29

Et toutes ses dents



Le temps passe vite, mes amis. Ah, si, si, il file, il vole, il court.

Hier le printemps était encore à venir et dans quelques jours, damned, fiston va ENCORE souffler des bougies. Mais c’était pas y’a 6 mois la dernière fois ?


Vous me voyez venir.

Justin s’en tape complètement de cette histoire de fiesta : un gatal en fin de repas, deux bougies, bon, OK, il faut vivre avec son temps, mettons-en trois, et hop là boum, joyeux zaniversèreeeuuu, joyeux zaaa-ni-ver-sèèèère. On souffle, bravo, clic-clac, et à l’année prochaine. Au début j’ai été influencée, pour ne pas dire impressionnée, par son approche épurée de l’événement et je lui disais donc « En fait, c’est toi qui as raison, un gatal en fin de repas etc. »


Mais le problème, c’est que pour un plan aussi minimaliste je me suis affolée un peu vite. Autant de temps devant moi et si peu de choses à faire, à part racheter de la farine, un emballement de la machine était à craindre.

J’ai commencé à me balader virtuellement deci delà, de blog en blog, et laissez-moi vous dire qu’accoucher au printemps c’est d’une banalité incroyable, c’est Birthday season. J’ai noté quelques idées et commencé à me dire que, franchement, quand même, un gatal en fin de repas, etc, c’est un peu léger.


Allez, ça va pas nous tuer, invitons quelques amis dotés d’enfants, ou d’enfants avec parents, peut-être même la classe, après tout, fiston a été convié à plusieurs anniv cette année, ça se fait de réciproquer, non ?


Après décompte, déjà une dizaine d’invités, deux fois plus d’adultes, sans inclure les 7 copains de classe.

Gros dilemme.

Dans le fond, je n’avais pas une envie folle de discuter avec Madame corbeille de Noël des bénéfices comparés des pâtes de sponge cake disponibles au rayon frais, ni de gérer 7 gosses surexcités supplémentaires.

Oui, mais j’aurais l’air de quoi, à l’école, quand tout le monde saura, le jour J, que c’est l’anniv d’un fiston qui le criera à tout ce qui bouge, et qu’ils n’auront pas vu l’ombre d’une invit ? Enorme dilemme, Corneille, viens à mon secours, Salomon, tranche pour moi.


Le lendemain, un parent d’élève m’a cérémonieusement tendu une enveloppe contenant une invit pour l’anniv de sa fille, le même jour que la fête de fiston.

Oh, ben non alors, quel dommage, je ne pourrai pas venir à votre anniv thématique Princesses Disney – et rien qu’à cette idée, mon cœur de saigner s’est arrêté -, mais en plus, vous m’empêchez d’inviter la classe parce que ça ne se fait pas, je ne vais pas vous faire concurrence avec mon dompteur de kangourous nains, mon aqua-park de salon et mon tour du Monde en hélicoptère. Ah non, vraiment, quel dommage.


Affaire réglée.


Libérée de ce souci, j’ai commencé à réfléchir, en surestimant au passage mes aptitudes, mes forces et mon temps disponible. Mais oui, je vais faire ma propre piñata, en forme de vache normande, et je pourrais peindre des animaux de la ferme en pâte à sel, comme souvenir à mettre dedans.

Oh, et puis non, on va faire une thématique fête foraine, avec un joli manège peint sur une grande pancarte à l’entrée, je pourrais faire des barbes à papa, il paraît que ce n'est pas si compliqué que ça en a l’air, oh, et je pourrais coudre comme un faux chapiteau et puis…

STOP.

Non, mais ça va pas bien, ou quoi ?


Un bon déconditionnement culturel plus tard, j'ai décidé de lancer un nouveau concept, le goûter d’anniversaire, un truc hype et tendance qui ne s’est jamais vu ici : on réunit une dizaine de mouflets, on organise deux-trois jeux un peu loose, genre faire la course avec un œuf dur en équilibre dans une cuillère à soupe, c’est potache, mal organisé, pas de thème avec vaisselle assortie, les parents picolent des bières, ou du vin pour les plus irresponsables, et les gamins sont lâchés en liberté avec plusieurs parts de gâteaux comme apport en vitamines essentielles. Pas de structure d’accueil avec marche à suivre à la part de pizza prêt, pas d’animateurs qui n’ont même pas le BAFA et cuvent leur cuite de la veille en faisant semblant d’encadrer une activité coloriage ayant pour thème « ceci est une grande bannière en papier blanc, allez-y, coloriez-la », pas de magicien chérot, ni de musicien hawaïen à l’air déprimé.


Oui, j'ai un peu choisi la facilité.




jeudi, avril 22

jeudi, avril 15

Pour 100 balles, t'as plus rien


Depuis le 10 mars, je comptais les jours, puis les semaines, j’angoissais à l’idée de ne jamais la recevoir et c’est quand je n’y pensai plus que l’enveloppe est enfin tombée entre mes mains.


Mais de quelle mystérieuse enveloppe s’agit-il ? Une lettre longtemps égarée, un chèque en perdition peut-être ?

Non, pas un chèque, mais il y est question d’argent quand même.

Cinq semaines après avoir immortalisé fiston à son école, le prestataire rendait sa copie.


Cet homme a de la suite dans les idées.


J’avais uniquement commandé la photo de classe, 15$ l’unité en petit format. Et que vois-je, en ouvrant l’enveloppe ? Le portrait de fiston, arborant une tache rougeâtre sur le front, à l’endroit de son immonde croutasse de la veille, mais très atténuée. Je soupire intérieurement, c’est bien la peine de nous faire prépayer et cocher des cases si c’est pour pas être fichu de faire correspondre, c’est malin, il va falloir que je renvoie maintenant, avec la poste à deux kilomètres et trois places de parking seulement … ah vraiment, quel abruti.


Mais à y regarder de plus près, j’ai vu marqué en rouge, dans les cheveux de fiston « PROOF ».

Après lecture du feuillet accompagnant le portrait sur fond gris sombre et marbré dans un style très funéraire, j’ai compris que non, le prestataire est loin d’être un abruti, c’est un petit malin.


Vous ne voulez pas le portrait de votre enfant ? Vous me le confirmez en ne cochant rien ? Laissez-moi quand même vous montrer votre petit comme il est mignon avec son sourire plein de cheeeese et la pose un peu de trois-quarts. Bon, comme je ne suis pas fou, je me suis dit qu’avec sa tronche en vrac, ça n’allait pas aider pour vous faire changer d’avis, alors j’ai pris la retouche à mes frais, pour les épreuves, on s’arrangera après. Il est mignon, pas vrai ?

Hein ? Finalement vous avez envie de changer d’avis ? Mais c’est fait pour, vous gênez pas. Juste une petite chose. Comme je me suis donné la peine de prendre votre gosse en photo, contre votre avis, et qu’ensuite j’ai tiré son portrait, là aussi sans votre consentement, vous me devez 10$, pour frais d’épreuves. Ben quoi, où est le problème ? J’ai bossé, pour vous donner envie de dépenser plein de sous chez moi, ça se paye.


Et là où le prestataire est fortichissime, c’est qu’il a tout prévu. Si vous avez envie de faire votre scrapbooking vous-même, ou que vous vouliez faire imprimer le portrait sur un tee-shirt pour l’offrir à votre vieille mère tellement vous trouvez la photo belle, il n’y a aucun problème, le prestataire vous vend le fichier JPEG.


200$ le fichier.

400$ si vous voulez la photo de classe avec.


Même pas sûr qu’à ce prix là il vous les refile sur une clé USB publicitaire.


J’en rigole encore.